Radio France: Une grève appelée à durer

RADIO «20 Minutes» est allé à la rencontre de salariés de Radio France qui racontent comment la mobilisation s’organise de l’intérieur...

Dolores Bakéla

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L'Assemblée générale du 31 mars 2015 à Radio France.
L'Assemblée générale du 31 mars 2015 à Radio France. — Remy de la Mauviniere/AP/SIPA

«On ne paralyse pas Radio France avec quarante personnes», glisse Guillaume Baldy avec ironie. «Les chiffres du nombre de grévistes, divulgués par la direction tombent le matin à 10 heures, au moment des AG (assemblées générales), quand tout le monde n’a pas pris son service. Il faut les prendre avec beaucoup de précaution», prévient ce chargé de réalisation et élu Unsa, en poste depuis 1995, qui s’exprime à découvert. «Nous avons conçu cette grève pour qu’elle dure. Nous n’avons pas le choix face car notre mission de service public est menacée par une fragilisation toujours plus grande de nos ressources», justifie-t-il.

Des roulements

Frédéric Martin, attaché de production, a été neuf ans et demi en contrat à durée déterminée avant de passer en CDI en août 2014. Ce dernier, «non syndiqué», a expliqué à 20 Minutes comment les équipes font grève à tour de rôle et perturbent la diffusion des émissions.

«Cela dépend de notre fonction. Par exemple, si c’est un attaché de production en CDI qui manque pour une émission en direct, celle-ci ne peut pas avoir lieu», dit-il. «Cela évite aussi que ce soit toujours les mêmes qui fassent la grève», conclut Frédéric Martin.

Les salariés font des «sacrifices»

Le mouvement de protestation a un coût et le nerf de cette guerre, c’est aussi l’argent. Or, le mythe des jours de grève remboursés, c’est fini. «Ceux qui font grève depuis quatorze jours font un vrai sacrifice ; ils ont perdu un demi-salaire», précise Guillaume Baldy. Une caisse de grève a été instituée et compte déjà près de 50.000 euros. Les salariés qui protestent ne sont pas les seuls à l’alimenter.

«Les non-grévistes par conviction sont plutôt des salariés de la direction. D’autres ne peuvent pas joindre le mouvement, pour des raisons financières notamment, mais tiennent à le soutenir en alimentant cette caisse de grève.» Une manière pour ces salariés de participer malgré tout.