L’équipe de «Charlie Hebdo» dénonce «le poison des millions»

MEDIAS Les membres de «Charlie Hebdo» disent  dans «Le Monde» «tout ignorer» de la nouvelle formule prévue pour l’hebdomadaire et réclament la création d’une société coopérative…

A.L.

— 

Une femme achète à Montpellier un exemplaire du Charlie Hebdo sorti le 25 février 2014
Une femme achète à Montpellier un exemplaire du Charlie Hebdo sorti le 25 février 2014 — Pascal Guyot AFP

Le «poison des millions» envenime l’avenir de Charlie Hebdo. La majorité de l’équipe, à l’exclusion de Riss, le nouveau directeur et Eric Portheault, le directeur financier du journal, signe ce mercredi une tribune en ligne sur le site du Monde.

L’équipe veut «remettre à plat l’architecture de Charlie» en recourant à une forme de société coopérative, «qui se situe dans la droite ligne de l’économie sociale et solidaire que Charlie prône depuis toujours», et donc «abandonner le statut d’entreprise commerciale.»

Déjà, fin février, Luz avait refusé la proposition de Riss et Eric Portheault de reprendre les 40% du capital qui étaient à Charb au motif qu’il aimerait, «comme une écrasante majorité de la rédaction», comme l'indiquait Le Monde, la création d’une société des rédacteurs qui serait actionnaire du journal. 

«Une nouvelle formule dont nous sommes exclus»

«Je ne suis pas partisan d’une société de rédacteurs qui contrôlerait l’intégralité du journal. Je n’y crois pas», avait alors affirmé Eric Portheault à 20 Minutes. «Rien n’est fermé. Une société de rédacteurs pourrait détenir une partie du capital», tempérait-il cependant.

L’équipe de Charlie dénonce très clairement la prise de pouvoir de certains, déclarant ainsi: «Nous assistons aujourd’hui à des prises de décision importantes pour le journal, souvent le fait d’avocats, dont les tenants et les aboutissants restent opaques. Nous entendons qu’une nouvelle formule se prépare, dont nous sommes exclus».

«Nous ignorons tout de la fondation qui est en train d’être créée», écrivent-ils encore, en refusant «qu’une poignée d’individus en prenne le contrôle, total ou partiel, dans le mépris absolu de ceux qui le fabriquent et de ceux qui le soutiennent.»

L’argent de «Charlie Hebdo», un cadeau empoisonné?