Crash de l'avion A320: Les éditorialistes partagés entre émotion et interrogations

REVUE DE PRESSE Le crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes françaises suscite de nombreuses questions...

A.D. avec AFP

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La Une des quotidiens français le 25 mars 2015.
La Une des quotidiens français le 25 mars 2015. — 20 Minutes

Le Crash de l'A320 de Germanwings mardi dans les Alpes françaises fait mercredi la une de tous les quotidiens. Les éditorialistes sont partagés entre interrogations et compassion, certains d'entre eux condamnant le tweet d'un député UMP qui a provoqué un certain chahut à l'Assemblée nationale.

Des «questions autour de la catastrophe»

Libération déplore le crash, titrant: «Rien que des débris et des morts», tandis que Le Figaro se pose des «questions autour de la catastrophe»

Au Parisien, on s'interrroge également sur le «mystère de l'A320».

«Le crash d'un Airbus endeuille l'Europe», titre le journal La Croix, dans lequel Guillaume Goubert écrit que «s'il devait apparaître que cette catastrophe a été provoquée par des terroristes, l'événement prendrait bien sûr une dimension exceptionnelle. Mais, poursuit-il, au moment de boucler cette édition, nous ne savions pas». «Ce sont 150 familles et leurs proches qui sont meurtris à jamais», se désole-t-il.

«Mardi noir dans le ciel français», se désole le quotidien économique Les Echos.

«Une douleur plus européenne que nationale»

Pour Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Pascal Coquis prévoit que «l'hypothèse terroriste sera également avancée», «signe, selon lui, des angoisses de notre temps». «Mais en attendant de connaître les causes exactes de cet accident, ne compte aujourd'hui que cette insondable douleur des familles endeuillées qui fait écho à celles passées.»

Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne, souligne «le besoin de savoir ce qui s'est passé dans ces 12 minutes mystérieuses» qui ont précédé le crash. Pour lui, «cette tragédie a une portée symbolique: c'est un avion allemand avec des passagers essentiellement allemands et espagnols qui s'est écrasé en France». Et de ce fait, «elle a fait naître une douleur plus européenne que nationale».

L'Est Républicain, sous la plume d'Alain Dusart, écrit que l'enquête «devra être irréprochable. Il n'est peut-être pas inutile de le préciser car en la matière, l'exemplarité n'a pas toujours été de mise» en citant des enquêtes qui, dans le passé, n'avaient pas fait l'unanimité des experts. «L'aviation civile vient de vivre une année fébrile, entre la disparition du vol de l'avion du vol MH370 dans l'océan Indien et le missile tiré sur le Boeing en Ukraine», rappelle-t-il. «Il semble vital de lever le doute face à toutes les hypothèses et éviter que se distille le poison de la suspicion».

Les éditorialistes épinglent également un tweet du député UMP Lionnel Luca.

Sébatien Lacroix, dans L'Union s'indigne que le député UMP Lionnel Luca ait «commis un tweet particulièrement crétin sur Hollande». «A sa décharge, Lionel Luca n'a jamais envoûté la réflexion politique par la hauteur de sa pensée. Son tweet résume à lui seul ses facultés de débatteur», ajoute-t-il.

Même tonalité chez Philippe Waucampt, journaliste au Républicain Lorrain, qui regrette «un tweet goguenard d'un député de l'opposition» dont la «colossale finesse» montre que «Lionnel Luca n'est pas le meilleur communicant qui soit. Mais sans doute l'UMP le savait-elle déjà».

Dans La Nouvelle République du Centre-ouest, Olivier Pirot rappelle, en termes plus choisis, qu'il «ne faut pas oublier qu'on est responsable de ses propos sur les réseaux sociaux» et que le message de Lionnel Luca «est difficile à défendre».