Jean-Marc Morandini, manitou des médias, préfère être critiqué que «lisse»

MEDIAS L’animateur présente son 3.000ème «Grand Direct des médias» sur Europe 1  ce vendredi…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Marc Morandini en septembre 2012.
Jean-Marc Morandini en septembre 2012. — VILLARD/SIPA

Longtemps associé à l'image d'une télé «trash», Jean-Marc Morandini s'est imposé comme une référence dans le décryptage de l'actualité des médias grâce à son émission quotidienne Le Grand Direct, qui fête vendredi sa 3.000e édition sur Europe 1.

«On a su créer une émission qui correspondait à ce qu'attendait le public, c'est-à-dire comprendre les coulisses de la télévision et ne pas se contenter de faire de la promotion», explique le journaliste, à l'antenne d'Europe 1 depuis douze ans.

Rescapé de la télévision

Depuis la rentrée, son émission -rallongée de moitié- est programmée de 9H00 à 12H00. Deux heures sont consacrées à l'actualité et aux questions de santé. La première heure est dédiée aux médias, «sa passion».

Aujourd'hui animateur incontournable d'Europe 1, Jean-Marc Morandini, 49 ans, est un rescapé de la télévision. De 1993 à 1997, il présente Tout est possible, sur TF1, une émission où il joue le rôle de grand confesseur, qui lui vaudra le mépris d'une partie de la profession et une cruelle marionnette aux Guignols de l'info.

Après un passage par Chérie FM et Nostalgie en tant que directeur d'antenne, il se met à ausculter le microcosme de la télévision sur Europe 1 à partir de 2003. «Les gens regardent la télé 3 heures 40 par jour. Ils ont envie de savoir ce qui se cache derrière l'apparence», estime-t-il. «Quand on a commencé, on parlait beaucoup de téléréalité. Aujourd'hui, ce qui intéresse les gens, c'est l'info. Ce sont les chaînes d'information en continu qui ont déclenché cet intérêt», juge-t-il entre deux coups d'oeil aux alertes qui défilent sur son smartphone et son ordinateur.

Friand de scoops et de petites phrases

Son Grand direct des médias rassemble chaque jour plus de 1,5 million d'auditeurs, selon Europe 1, un succès qu'il pense devoir aussi au ton de l'émission, «pas langue de bois». Il dit tenir ses informations des «producteurs et animateurs», et «des journalistes qui travaillent sur les émissions».

«Je ne suis pas prisonnier de mes sources. Demain, si j'ai une info qui gêne TF1, je la sortirai, pareil si j'ai une info qui gêne M6 ou Canal+», assure l'animateur, friand de scoops et de petites phrases. «Je ne veux pas parler aux attachés de presse, je n'ai pas envie d'être soumis à une quelconque pression. Mes équipes forment un rempart face à ça. Souvent, quand on reçoit un patron de chaîne, les attachés de presse appellent pour savoir quelles questions on va poser. La consigne, c'est de dire» on ne sait pas . «Ça donne une vraie liberté», se félicite-t-il.

Raillé pour son style racoleur

S'il reçoit désormais sur son plateau patrons de chaînes et figures du PAF, le style Morandini, jugé racoleur, continue d'être raillé. «Je suis très content de susciter des réactions. Dans ce métier, il n'y a rien de pire que d'être lisse», rétorque-t-il. En 1997, il avait annoncé sa décision de «cesser toute activité télévisuelle», se disant «victime du harcèlement incessant d'une certaine presse qui entend donner des leçons de morale».

Très actif avec son équipe sur Twitter (son compte est suivi par plus d'un demi-million de personnes), l'homme s'est habitué aux critiques, aujourd'hui moins virulentes. Toutefois, nuance-t-il, «je suis pour une réglementation beaucoup plus dure sur les réseaux sociaux. Je suis totalement opposé à l'anonymat, sur Twitter en particulier. Ça permet de déverser une haine, d'insulter les gens en permanence sans qu'il n'y ait jamais aucune suite».

Sa 3.000e émission passée, il continuera de raconter les coulisses des médias et de faire le « buzz », qu'il alimente en permanence via son blog jeanmarcmorandini.com, très populaire. Mais le spécialiste de la petite phrase n'exclut pas de se repentir un jour. Le buzz «est dans l'air du temps. Est-ce qu'il faudrait arrêter de le faire? Oui. Mais j'attends que les autres le fassent».