L'élection, belle affaire plus que jackpot

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Du beurre dans les éditos. Les audiences ne sont pas les seules à avoir été boostées par l'élection : les ventes des journaux - et les fins de mois des kiosquiers, qui touchent 17 % de commission - aussi. Presque tous les quotidiens ont vu leurs ventes augmenter, alors qu'en 2002, seuls Le Monde et Libé - dont la une sur Le Pen barrée d'un « Non » s'est écoulée à 700 000 exemplaires - étaient sortis grands vainqueurs. Même les ventes en kiosque des Echos ont augmenté de 3,5 % au premier trimestre 2007. Merci Ségo, merci Sarko ? « Ils ont plus parlé dette publique et pouvoir d'achat que politique idéologique. Du coup, le lecteur lambda ou avisé a eu besoin de décryptage, et ça nous a profité ! », se réjouit Michel Abouchahla, éditeur du quotidien.

Les lecteurs se sont aussi plus que jamais tournés vers les hebdos, notamment Marianne et Charlie. Leur numéro anti-Sarkozy s'est vendu respectivement à 450 000 exemplaires (150 000 de plus que d'habitude) et 120 000 exemplaires (50 000 de plus). Pourquoi ce goût soudain pour le papier, journal ou glacé ? « Les journaux ont beaucoup plus mis l'accent sur la face cachée des candidats, leurs vérités, les coulisses du combat. Ça plaît ! », analyse Nathalie Godinot, chez ZenithOptimedia.

Mais les tiroirs-caisses des canards ne risquent pas de saturer pour autant. Un, les journaux ont multiplié les sondages. Pas moins de dix-sept pour Le Parisien, depuis le 28 janvier. Or à 1 000 € la question, l'addition, même partagée à plusieurs médias, est vite salée. Deux, l'appétit des papivores risque de se tasser. En 2002, Le Point du 23 avril avait augmenté ses ventes de 65 %, mais dès les numéros suivants, la diffusion est revenue à la normale. Enfin, les annonceurs, eux, boudent la presse. Selon TNS Media Intelligence, les investissements publicitaires ont baissé de 4,7 % entre avril 2006 et avril 2007. Et contrairement à la télé, le prix d'une page de pub ne grimpe pas, même en cas d'interview clé. « Mais la baisse de l'activité pub est liée au contexte économique, et non pas forcément à la présidentielle », indique Julia Bourayne, de TNS Media. Plus de lecteurs, mais moins d'annonceurs : l'élection reste moins rentable qu'une Coupe du monde de foot !