Fin de partie pour les journalistes embarqués

©2007 20 minutes

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Epuisés. Depuis janvier, ils suivent les candidats. Cinq mois de meetings, d'hôtels, de bus... Trois « embedded » (embarqués) nous livrent leurs souvenirs.

· Jean-François Achilli,

avec Sarkozy (France Inter)

J'ai fait des millions de déplacements avec lui depuis 2004. Je me souviens de son émotion à Bercy le soir du premier tour, devant cette marée humaine, comme s'il concrétisait la quête de toute sa vie. Sarkozy, c'est une machine. L'organisation sur le terrain est léchée : plannings imprimés, hôtels conseillés, heures du départ du car... Ce qui est complexe, c'est qu'il génère un happening quotidien. J'ai 160 jours de vacances à prendre à cause de l'hyperactivité du sujet. Tant pis, je vis une aventure intense. Hier soir, ça restera un super souvenir de plaisir journalistique.

· Carl Meeus,

avec Royal (Le Point)

Je suis vidé. Pour tenir, j'ai carburé au café, au coca et à l'excitation du moment historique ! Ce qui m'a frappé dans la campagne de Ségo, c'est que tout s'improvise à la dernière seconde. Elle voulait une campagne réactive, elle l'a eue brouillonne. Mes confrères de quotidiens devenaient hystériques quand Ségolène commençait son discours à l'heure du bouclage ! Elle a perdu, mais le PS va se recomposer pour 2012. Ça redémarre dès aujourd'hui !

· Véronique Saint Olive,

avec Bayrou (France 2)

Le suivre, c'est comique, tant l'organisation est à la v'la-comme-j'te-pousse ! Il a des moyens et une équipe microscopiques. Mais pas de stress, lui et sa petite troupe restent cool. Par contre, il est toujours en retard. Neuf fois sur dix, ses meetings commencent à 20 h 30, au lieu de 19 h. Il s'en fiche de ne pas être au JT ! Mais il m'a étonnée : je le pensais glandeur, or là, je l'ai vu beaucoup bosser. C'était passionnant de le voir s'imposer peu à peu. Et maintenant ? C'est le flou ! Je me pose un peu, et après...

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