«Le choc des projets et des tempéraments»

Sandrine Cochard

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Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont croisé le fer mercredi soir lors du débat d'entre-deux tours présidentiel, la candidate socialiste attaquant avec pugnacité, son adversaire UMP affichant calme et pondération
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont croisé le fer mercredi soir lors du débat d'entre-deux tours présidentiel, la candidate socialiste attaquant avec pugnacité, son adversaire UMP affichant calme et pondération — AFP/France2

En France ou à l’étranger, le constat est le même partout: le débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy a été musclé. «Le choc des projets et des tempéraments» titre le quotidien suisse «Le Temps». «Dominé par des questions de détails, d'allure souvent plus parlementaire que présidentielle, ce débat crucial n'a pas renversé les rôles entre un Nicolas Sarkozy favori des sondages et une Segolène Royal qui demeure sa challenger», estime le journal.

Le «Sueddeutsche Zeitung» parle du «duel ardent» de «Sarko et Ségo». Mais, souligne le quotidien bavarois, il n'y a pas eu «la petite phrase qui a mis l'adversaire KO».

«Un véritable affrontement» renchérit «La Libre Belgique» pour qui la virulence de certains propos est une première: «Des échanges d'une rare violence et même une colère: du jamais vu dans l'histoire des duels présidentiels. Au final, chaque camp estimait avoir rempli son rôle. Pas sûr toutefois que ce débat globalement équilibré modifiera la donne.»

Match nul?

Un match nul sans vainqueur? Ce n’est pas ce que pense «Le Soir», autre grand quotidien belge, pour qui «Royal n’a pas désarçonné Sarkozy». «Sarkozy maître du débat. Même en cognant, Royal n'est jamais parvenue à le déstabiliser. L'élection paraît jouée,» s’avance le journal.
Une idée reprise par le site d’information coréen «Oh my news» pour qui le vainqueur du débat est Nicolas Sarkozy.

Un point de vue tempéré par le journal libanais «L’orient le jour» qui affirme que l’élection n’est pas une affaire réglée: «Par instants d’un aplomb bravache face à un Nicolas Sarkozy quelque peu décontenancé, Ségolène Royal, qui accuse cinq points de retard sur son adversaire, a joué son va-tout pour la victoire durant plus de deux heures d’un débat dominé par les questions économiques et sociales.»

Mi-séduit mi-médusé, le «Frankfurter allgemeine Zeitung», quotidien économique allemand, titre sur «l'impertinence d'une femme» qui semble avoir éclipsé le candidat UMP.

«La France de la raison contre la France du cœur»

Les deux candidats ont campé sur leurs positions et n’ont rien lâché. Deux stratégies distinctes analysées par Inaki Gil, dans le quotidien espagnol «El Mundo», pour qui le débat a vu s’affronter «la France de la raison contre la France du cœur».

De son côté, le journal italien «La Repubblica» s’attarde sur les attitudes de chacun: le calme de Nicolas Sarkozy face aux attaques de Ségolène Royal. Son confrère «El corriere della sierra» y a vu «un duel de promesses» marqué un Nicolas Sarkozy sur la défensive face à la pugnacité de Ségolène Royal. Filant la métaphore sportive, le quotidien italien, estime que Royal est «dans la position de l'équipe qui doit récupérer le retard pris au match aller».

Après le débat, le «New York Times» revient longuement sur la «colère» de la candidate socialiste, qui promet de rester dans les annales, et compte les points. «M. Sarkozy a marqué des points en gardant son calme. Mais la perte de ses moyens par Mme Royal a suscité différentes réactions. Certains l’ont trouvée excellente, y voyant un signe d’une gauche qui se refuse à la complaisance. D’autres ont trouvé que cela l’affaiblissait. Personne n’a trouvé cela ennuyeux.»