Dalida et l'éternelle fontaine de l'audience

©2006 20 minutes

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« Baisse un peu la radio », chantait Dalida en 1966. Supplique prémonitoire : vingt ans après sa disparition, le 3 mai 1987, les commémorations se multiplient dans les médias... jusqu'au vacarme ? Ainsi, demain et samedi, RTL ouvre largement son antenne au souvenir de la chanteuse de variétés, avec quatre émissions spéciales. La télé, toujours d'humeur hagiographique, s'engouffre aussi dans la mèche blonde : M6 a déjà révélé dimanche ses « Secrets d'actualité » sur l'artiste, France 3 consacrera le 21 mai plus de deux heures à un documentaire produit par Mireille Dumas. Car à l'image de France 2, qui a donné avant-hier une seconde exposition au téléfilm biographique Dalida (1,6 million de téléspectateurs à 15 h), les médias raffolent du pouvoir aggrippe-audience de ce destin aussi tragique que lumineux. En 2005, la première diffusion dudit téléfilm avait envoûté 12 millions de fans en prime.

Toujours dans les bons coups, Paris Match a fait il y a trois semaines sa une sur l'idylle entre la belle Italo-Egyptienne et le président Mitterrand. Bingo : « Les ventes ont été excellentes, on a approché les 745 000 exemplaires, contre 700 000 quand on marche moyen, confie Marc Brincourt, chef du service photo. On sait parfaitement que Dalida, figure populaire par excellence, plaît toujours. » D'après l'hebdomadaire, 400 000 disques de la chanteuse se vendent chaque année depuis son décès. Son frère et producteur Orlando, invité ce matin sur RTL, et qui a participé activement au docu de Mireille Dumas, connaît mieux que personne cet effet magique. « Je ne fais pas mon beurre sur la mort de ma soeur, si c'est ce que vous voulez savoir. Quand je prête des images personnelles aux télés, c'est évidemment à titre gracieux », s'agace-t-il. N'empêche, bien joué le coup de pub gratuit pour les deux coffrets (un de huit DVD et l'autre de cinq CD) parus la semaine dernière chez Universal.