«Society» veut dépoussiérer les newsmags et prouver que la presse papier n’est pas morte

MEDIAS Le magazine de société lancé ce vendredi par So Press (So Foot, So Film) a l’ambition d’intéresser un public jeune, qui ne se retrouve pas dans les newsmagazines stars des kiosques… 

Anaëlle Grondin

— 

La couv' du 1er numéro de "Society" en kiosque le 6 mars  2015
La couv' du 1er numéro de "Society" en kiosque le 6 mars 2015 — So Press

Embarquez pour une croisière en compagnie de metalleux, rencontrez le cerveau de «l’ebay de la drogue», découvrez la part d’ombre de l’application Tinder et assouvissez votre curiosité en vous plongeant dans une enquête sur Victoria Beckham, «la starlette devenue papesse de la mode». Voilà ce que vous propose, entre autres, le premier numéro de Society, en kiosque au prix de 3,90 euros dès ce vendredi.

«Voyager dans le monde entier pour raconter des histoires» 

Le quinzomadaire (ou bimensuel) mise sur les formats longs. «C’est un magazine très en mouvement, qui va beaucoup voyager dans le monde entier pour raconter des histoires en se mettant au niveau du lecteur. La maquette est faite en fonction du sujet pour le mettre en  valeur», indique Franck Annese, le patron du groupe So Press, qui édite également les magazines So Foot, Doolittle, Pédale!, So Film et So Foot Junior.

Le directeur des rédactions «avait envie de lancer un titre qui raconte un peu plus qu’un secteur particulier».  «C’est quelque chose qu’on voulait faire depuis longtemps. Il y avait une frustration car on n’avait pas les moyens de faire un magazine de société, explique-t-il. On ne voulait pas le faire n’importe comment. Du coup on a attendu pour avoir suffisamment d’argent.» Combien exactement? «Le groupe So Press dans son ensemble nécessitait jusqu’alors de 5 ou 6 millions euros par an, maintenant c’est 12 ou 13 millions», répond Franck Annese. So Press vise 60.000 ventes en kiosque avec ce nouveau titre, davantage que le mensuel So Foot qui s’écoule à 53.000 exemplaires.

Avec Society, pas question de traiter des sujets comme le font L’Obs et les autres newsmagazines  mis en avant en kiosque, ciblant essentiellement «les vieux». Le nouveau magazine veut proposer un autre type de contenus qui parlera plus aux 25-45 ans. «On sentait que plein de gens autour de nous se trouvaient en âge de lire des newsmagazines et n’en trouvaient pas pour eux», commente Franck Annese. «Ce qui nous intéresse dans le détail est différent. On n’est pas du sérail, on n’est pas des journalistes politiques, donc on ne va pas poser les mêmes questions à François Fillon [interviewé dans le numéro 1] qu’un journaliste politique. On va faire accoucher les gens de choses plus concrètes.» 

«On m’a dit: "Quelle folie de lancer un magazine!"» 

Lancer un nouveau magazine papier en 2015 n’est pas une aberration pour le patron de presse. «On m’a dit: "Quelle folie de lancer un magazine!" Moi j’ai trouvé que c’était le bon moment. Tout le monde affirme que le papier est mort. Mais ça dépend du point de vue. Mes magazines font 15% de plus tous les ans», assure Franck Annese. Dans son édito cette semaine, il va même jusqu’à écrire: «Raconter l’actualité sans la subir, la garder à distance pour mieux la cerner. Society n’aurait sans doute pas eu le même parfum sans la crise, sans Internet et sans l’info-des-gros.»