De «Salut les copains» à «Salut les p'tis clous», Europe 1 célèbre ses 60 ans

RADIO Mercredi 4 février, la station de radio remontera le temps de 9h à 23h pour une longue séquence «Souvenirs, souvenirs»...

Anne Demoulin

— 

Animateur culte de la station, Coluche a désormais un studio à son nom rue François-Ier.
Animateur culte de la station, Coluche a désormais un studio à son nom rue François-Ier. — GINIES/SIPA

Quelques notes composées par Maurice Jarre et Europe 1 naît le 1er janvier 1955. Initialement prévue le 13 janvier, la radio a reporté la célébration son 60e anniversaire en raison des attentats. L’info a toujours été une priorité de la station de la rue François-Ier. Ce mercredi 4 février, la radio de Salut les copains remontera le temps de 9h à 23h pour une séquence «Souvenirs, souvenirs». Point d’orgue des festivités, l’émission 60 ans d’Europe 1 de 20h à 23h.

 «SLC, Salut les Copains»

Europe 1 a formé trois duos de présentateurs pour animer cette émission spéciale: Marion Ruggieri et Nicolas Poincaré, Wendy Bouchard et Maxime Stiwek, et Sonia Mabrouk et Nikos Aliagas.

«Nous allons recevoir les gens qui ont fait Europe 1», résume Marion Ruggieri. De Jean-François Kahn, viré trois fois de la station et toujours revenu à Guy Carlier en passant François Baroin, recruté par Jean-Pierre Elkabbach, et auteur inattendu de chroniques sur le monde de la nuit: «L’idée, c’est de découvrir de nouvelles facettes d’eux, et au travers eux, qu’ils racontent Europe1.»

A la fin des années 1950, Daniel Filipacchi y présente Pour ceux qui aiment le jazz. Sous la houlette du parolier Pierre Delanoë et de Lucien Morisse naissent encore Salut les copains et Musicorama. «Jean-François Perrier, qui fait encore parti aujourd’hui des chroniqueurs stars d’Il n'y en a pas deux comme Elle, sera notre invité et évoquera Salut les copains», souligne Marion Ruggieri.

«Bella Ciao»

«Tous mes camarades et moi n’avions d’yeux que pour Europe N°1. La radio couvrait la guerre d’Algérie», se souvient Philippe Gildas. Parce qu'elle émet depuis l'étranger, la radio périphérique, échappée du monopole étatique de radiodiffusion, souffle un vent nouveau sur l’info. En mai 1968, armés de Nagra, les journalistes de la station, surnommée «radio Barricades», immortalisent les coups de gueules de Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier est désormais l’une des voix d’Europe 1.

Dans les années 1970, Julie Leclerc et Maryse Gildas intègrent la station. «En 1980, Christine Ockrent est en charge du journal de 8h. A l’époque, un journal avait titré: “Europe N°1 n’est pas misogyne”. Claire Chazal a aussi fait ses armes comme stagiaire à Europe 1», rappelle Marion Ruggieri. «Se pencher sur l’évolution de cette radio,  c'est voir l’évolution de la pratique journalistique», se réjouit Marion Ruggieri.

«Salut les p'tits clous!»

Avec l’arrivée de François Mitterand, Philippe Gildas prend les rennes de la station, «music and news». Il lance le Top 50: «Europe 1 avait un savoir-faire sur l’info. Le Top 50 a utilisé les instruments du journalisme au service de la musique et il fallait contrer l’arrivée de la FM», explique Philippe Gildas.

Tchao Pantin

Coluche fait son retour à l'antenne le 7 août 1985. «Il avait carte blanche. Maryse, à ses côtés, avait juste une sorte de pouêt-pouêt… Et il a lancé l’aventure des Restos du cœur en direct de la rue François-Ier», raconte Philippe Gildas. «Europe 1 a un caractère familial, chaleureux, tout en n'étant pas familier. Le lien avec les auditeurs a toujours été fort», estime Marion Ruggieri. Même si du côté des audiences, la mythique radio a un peu moins la pêche ces derniers temps.