Cinq choses que vous ne saviez pas sur PPDA

RENCONTRE Loin des projecteurs, Patrick Poivre d'Arvor continue de mener sa carrière d'écrivain et de journaliste notamment sur Radio Classique... 

Joel Metreau

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Patrick Poivre d'Arvor, présentateur de la tranche d'infos 19h-20h sur Radio Classique.
Patrick Poivre d'Arvor, présentateur de la tranche d'infos 19h-20h sur Radio Classique. — Radio Classique / Emmanuel Donny

Loin des projecteurs, Patrick Poivre d'Arvor continue à 67 ans de mener sa carrière de journaliste sur Radio Classique. Rencontre avec l'ancien présentateur des JT de 20h, d'Antenne 2 de 1975 à 1983 puis de TF1, de 1987 à 2008.

Il informe «en douceur» sur Radio Classique

Radio Classique adoucit les mœurs, informe aussi. A la tête de la tranche d’infos de 19-20h (un poste proposé par Etienne de Mougeotte), PPDA rassemble chaque soir 203.000 auditeurs, soit une hausse de 68% en un an, selon Médiamétrie. Etonnant? «Les gens aiment bien notre type de distance vis-à-vis de l’actualité, explique-t-il. Ils ont besoin qu’on s’occupe d’eux en douceur», loin de l'urgence des matinales. «Ne pas être un excité qui arrive avec son tambour sur la place du village en disant: "Oyez, oyez braves gens, j’ai des choses très importantes à vous dire", ça a compté. Ça correspond à ma nature», pointe-t-il. Peu de faits divers et de sport, plutôt l’économie, la culture et la politique.

Il est fan de musique classique

PPDA n’a pas eu besoin de passer de blind test musical pour rentrer à Radio Classique. Même s'il a découvert cette musique sur le tard, ses parents en écoutaient très peu. «Quand j’ai commencé à faire du stop à 18 ans, je me trouvais en Pologne, dans la maison de Chopin. Quelques jours plus tard, à Prague, j’ai poussé la porte d’un théâtre. Don Giovanni se jouait, c’était la première fois que j’assistais à un opéra.» Quand on lui demande son air préféré pour faire l’amour, il répond: «C’est difficile de faire deux choses en même temps. En général, on vous met toujours Tosca de Puccini… Récemment dans House of Cards, ils avaient mis Madame Butterfly pour un moment d’extase.» Et à son enterrement, que résonnera dans l'Eglise? Peut-être les Kindertotenlieder de Malher. Plus probablement la même partition jouée pour le 20e anniversaire de la mort de sa fille Solenn: le Requiem de Mozart. 

Il a du recul sur son image d'ex-présentateur du JT de 20h

PPDA réagit comme une mère à qui on demande lequel de ses enfants elle préfère. Pas d'avis sur Gilles Bouleau ni sur David Pujadas. «Je ne peux pas les comparer, car je les connais très bien tous les deux, j’ai travaillé avec eux. Qu’ils volent de leurs propres ailes, ça me rend heureux.» Lui a plané encore plus haut, quand le JT de 20h, «ce rendez-vous où les gens ne savaient pas ce qu’ils allaient découvrir» relevait de la grand-messe. «Je vois bien comme ils s’adressent à moi, avec beaucoup de respect, pour dire que je leur manque. C’est très nostalgique.» Les Guignols, il ne leur en veut pas. «TF1 était souvent attaquée à travers ma marionnette, mes patrons m’ont dit: "Il faut que tu portes plainte". J'ai refusé. Tout le monde a le droit de se moquer.»

Il est encore accro au journalisme

Après avoir été évincé de TF1, il aurait pu tourner la page, se consacrer entièrement à l’écriture. Mais non. «Quand on m’a retiré la seringue, le sevrage a été assez violent. Et ce métier me sert aussi à amasser des informations pour mes livres, comme Nostalgie des choses perdues», son dictionnaire des Trente Glorieuses. Ecrivain, producteur et journaliste, ce fut le cas aussi d'un ancien Ministre de la Culture sous Sarkozy. Et si on l’appelait à son tour? «Ce n’est pas le genre de considérations que vous rejetez d’un coup d’escarpin. C’est le job qu'un passionné de culture peut avoir envie de décrocher.» On lui a fait des propositions, il n’est pas dupe. «J’ai eu le droit à tout. Aussi bien sous François Mitterrand que sous Nicolas Sarkozy. C’est drôle. Mais on sent bien qu’on cherche surtout à emprisonner le symbole ou à l’utiliser.»

Il a marché le 11 janvier 2015

Certains l’auront peut-être reconnu à la marche républicaine du 11 janvier, après des attaques terroristes qui l'ont «horrifié». Il défilait pour la liberté d’expression. «Je ne peux pas dire que tous les dessins de Charlie Hebdo m’aient plu. Ceux que je vois dans le numéro spécial ne me plaisent pas forcément, d’autant plus qu’ils mettent en cause des gens que j’aime beaucoup.» Mais s'en prendre à des journalistes... «Puis j’ai vu que des Juifs et des policiers étaient morts, je me suis dit qu’il fallait qu’on marche, qu’on montre que la France est forte et digne.»