Attentats à Paris: Le patron du RAID critique l’omniprésence des médias pendant la traque

MEDIAS Jean-Michel Fauvergne a déclaré sur BFM TV que les médias, déjà sous le feu des critiques, avaient «pollué» le travail du RAID après l’attentat à «Charlie Hebdo»…  

A.G.

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Un journaliste de BFM TV en reportage à Vincennes le 9 janvier 2015.
Un journaliste de BFM TV en reportage à Vincennes le 9 janvier 2015. — Fatih Tursun/SIPA

BFM TV s’est tirée une balle dans le pied en interviewant ce mardi le patron du RAID pour débriefer l’assaut mené Porte de Vincennes le 9 janvier. Jean-Michel Fauvergue a ouvertement critiqué à l’antenne l’omniprésence des médias dans la traque aux terroristes la semaine dernière. Ce dernier a déclaré sur la chaîne d’information en continu: «La difficulté nouvelle, c'est le rôle des médias qui viennent très clairement polluer les informations que nous avions par un certain nombre de nouvelles [à la télé] qui sont peut-être intéressantes sur le plan de la presse mais ne sont pas intéressantes pour nous de manière opérationnelle donc il a fallu faire le tri assez rapidement.»

Après l’attentat à Charlie Hebdo le 7 janvier et les événements qui ont suivi, les médias ont rapidement été accusés d’avoir donné trop d’informations en temps réel, mettant en danger la vie des otages et gênant le travail du RAID. Le journaliste de BFM TV Dominique Rizet avait, par exemple, révélé qu’une femme s’était cachée dans la chambre froide de l’Hyper Casher de Porte de Vincennes. Sur France 2, un témoin qui s’exprimait en direct par téléphone avait révélé la présence près des frères Kouachi de Lilian Lepère, qui s’était caché sous un évier dans l’usine de Dammartin-en-Goële.

Pas (encore) de sanctions du CSA

BFM TV s’était défendu en expliquant qu’ils avaient eu le feu vert du RAID avant de donner les informations à l’antenne et que les personnes réfugiées dans la chambre froide n’étaient plus en danger à ce moment-là (ce que conteste Arrêt sur Images).

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a convoqué les télévisions et les radios jeudi dernier pour examiner leur traitement «des événements tragiques que vient de subir le pays». Aucun média n’a été sanctionné pour le moment.