«Charlie Hebdo»: Une demande très forte attendue dans les kiosques mercredi

MEDIAS Les distributeurs sont sur les rangs pour que «Charlie Hebdo» soit diffusé par millions d’exemplaires…

Joel Metreau

— 

Charlie Hebdo en kiosque, en 2012, à Strasbourg.
Charlie Hebdo en kiosque, en 2012, à Strasbourg. — G.VARELA/20 MINUTES/SIPA

Au départ, il devait faire 8 pages, il en fera 16. La semaine dernière, il devait être imprimé à un million d’exemplaires. Mais ce seront au moins trois millions de Charlie Hebdo, après l’assassinat d’une partie de sa rédaction, qui devraient trouver des lecteurs à partir de mercredi.

Pendant huit semaines

A titre de comparaison, l'hebdomadaire satirique était d'habitude tiré à 60.000 exemplaires, et seule la moitié trouvait preneur. A l'export, où Charlie Hebdo ne vendait que 4.000 exemplaires, les Messageries lyonnaises de presse prévoient d'en expédier 300.000, a confié son directeur général Patrick André, à l'AFP. Ce numéro va rester en kiosques pendant huit semaines.

500.000 à 600.000 exemplaires au premier jour

Le numéro 1.178 de Charlie Hebdo, avec un Mahomet triste en couverture, est sorti de son imprimerie de l'Essonne mardi. Du côté du Syndicat national des dépositaires de presse (SNDP), ces grossistes en province qui approvisionnent les points de vente, «on attend de voir la quantité que l’imprimerie a pu fabriquer», raconte Dominique Gil, président du SNDP, à 20 Minutes. «Aujourd’hui, on parle de trois millions, mais il y aura une évolution liée au fait que les informations sur le terrain font part d’une attente très forte.» Ce qui est sûr, c'est que le tirage à un million s’est avéré insuffisant. «Demain matin, de 500.000 à 600.000 exemplaires seront disponibles dans les points de vente. Il y aura un complément le lendemain, à la même hauteur. Pour la suite on ne sait pas encore exactement», confie Dominique Gil. Chaque point de vente aura au moins une dizaine d’exemplaires, les plus importants pourraient en accueillir une centaine.

Des volumes de diffusion déjà éprouvés

En tout cas, ce nombre important de Charlie Hebdo ne posera pas de problème dans la logistique des diffuseurs: «Si l’opération est inédite par rapport à cet hebdomadaire, on est dans des volumes de diffusion que d’autres titres connaissent déjà», rappelle Dominique Gil. Le président du SNDP rappelle l’initiative prise par les dépositaires et diffuseurs sur cette opération: «Ils vont travailler sans rémunération. D’habitude, pour la presse en kiosques, une commission est perçue sur le pourcentage de ventes réalisées. Mais celle-ci sera versée à l’éditeur, Charlie Hebdo, au profit des victimes et des salariés.»

Un coupon pour un don

«Le plus compliqué, ça va être de gérer toutes les demandes, les marchands ne pourront pas toutes les satisfaire», indique-t-on à l’Union nationale des diffuseurs de presse, le syndicat patronal qui représente les 27.000 points de vente en France. «A l’initiative de l’association Presse et Pluralisme, nous avons fait réaliser un petit coupon, qui invite à faire un don en le remplissant. On l’a envoyé aux marchands de journaux ce mercredi après-midi. Ils ont déjà exprimé leur soutien à Charlie. C’est un moyen de relayer ce soutien car ils sont en contact avec les clients qui voudront acheter Charlie.» Une alternative donc pour ceux qui ne trouveraient pas le numéro 1.178 en kiosque et souhaiteraient néanmoins aider la rédaction du journal.