Attaque à «Charlie Hebdo»: Le journal sortira la semaine prochaine, tiré à un million d’exemplaires

MEDIAS L'hebdomadaire paraîtra mercredi prochain, et sera tiré à un million d'exemplaires, a déclaré l’avocat de «Charlie Hebdo»…

Annabelle Laurent
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La Une de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015
La Une de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015 — FRANCOLON XAVIER/SIPA

Mercredi prochain, Charlie sera en kiosques. «Charb disait toujours que le journal devait sortir coûte que coûte», a rappelé en larmes l'urgentiste et chroniqueur du journal satirique Patrick Pelloux, déchirant, ce jeudi matin, au micro de France Inter. Les volontés de Charb seront respectées. Décimée et bouleversée par l’attaque terroriste qui a fait douze morts mercredi, la rédaction de Charlie Hebdo ne rend pas les armes et le «journal sortira mercredi prochain et sera tiré à un million d'exemplaires», a déclaré ce jeudi à l'AFP son avocat Richard Malka, contre 60.000 habituellement.

La rédaction hébergée par «Libération»

Le numéro sera de huit pages, au lieu des 16 habituelles, et l’équipe sera hébergée par Libération, a précisé l’avocat. Le journal a notamment reçu des aides des groupes Canal+ et Le Monde, a-t-il encore affirmé. Les locaux du journal ne sont pas accessibles pour les besoins de l'enquête, a expliqué Patrick Pelloux ce jeudi matin. 

Libération avait déjà hébergé la rédaction, en novembre 2011, à la suite de l’incendie qui avait ravagé les locaux du XXe arrondissement. Le journal avait pu sortir la semaine suivant l'incendie criminel. 

Entretenir la flamme

Mercredi après-midi sur Europe 1, le cofondateur de Libération Serge July avait lancé un appel à tous les médias, avant que Le Monde, Radio France et France Télévisions annoncent mercredi soir par communiqué qu’ils mettaient à disposition l'ensemble de leurs moyens humains et matériels à la disposition de la rédaction. 

«Il faut lui donner les moyens de vivre, il faut lui donner les locaux et le protéger, le protéger en particulier en termes de direction de la publication», avait réagi Serge July. Il faut pour lui qu’un «collectif de directeur de journaux» prenne en charge Charlie Hebdo. «De telle sorte que cette liberté puisse continuer. C'est comme une flamme, il faut l'entretenir.»


Pour sortir la semaine prochaine, «on est tous d'accord», a assuré Patrick Pelloux. «C'est très dur, on est tous avec notre peine, notre douleur, nos peurs, mais on va le faire quand même parce que ce n'est pas la connerie qui va gagner». 

La question de la direction de publicatin du journal satirique reste en suspens. Mais Charlie Hebdo compte encore quelques plumes: le dessinateur de presse Luz, le journaliste et dessinateur Riss, le dessinateur et réalisateur Riad Sattouf, le dessinateur Willem, la collaboratrice de Charlie Hebdo Catherine Meurisse ou encore la dessinatrice Coco, qui a raconté le cauchemar de mercredi à L'Humanité.

Le titre déjà en difficultés 

Avant ces événements tragiques, le journal satirique, confronté à des difficultés financières, avait appelé ses lecteurs aux dons. Les ventes de Charlie Hebdo, né en 1970, avaient chuté à 30.000 exemplaires (dont 10.000 abonnés). En novembre, le journal avait écrit: «Charlie Hebdo doit rester cette splendide verrue sur le nez mou du consensus médiatique! Que deviendrait la meute des curés de la bien-pensance, qui nous traitent alternativement de pédés, d'homophobes, de Juifs, d'Arabes, d'islamophobes, de christianophobes, de laïcards, de féministes, de misogynes, de bougnoules, de racistes, de gauchistes, de socialistes, de végétariens, de mangeurs de cadavres, d'anarchistes, de staliniens, de punks à chien, de centristes à chat (consultez les réseaux sociaux pour avoir la liste complète)». Avant d'ajouter: «Aujourd'hui, vous pouvez soutenir la résistance aux deux premières religions du monde: l'Intolérance et la Bêtise. Rejoignez le djihad pacifique contre la connerie!».