Attentat à «Charlie Hebdo»: L'émotion des dessinateurs de presse dans le monde

FUSILLADE A travers le monde, au nom de la liberté d'expression, les caricaturistes expriment leur solidarité après l'attentat perpétré contre «Charlie Hebdo»...

Joel Metreau

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«Le monde est devenu si sérieux qu’humoriste s’est transformé en profession risquée», un dessin de Bernardo Ehrlich.
«Le monde est devenu si sérieux qu’humoriste s’est transformé en profession risquée», un dessin de Bernardo Ehrlich. — Bernardo Ehrlich

A travers le monde, au nom de la liberté d'expression, les caricaturistes se sont émus de l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo... D'abord l'association Cartooning for Peace, fondée par Plantu et qui s’est dit «abasourdie par l’attaque tragique au siège de Charlie Hebdo».

En Australie, Peter Broelman, président de l’association des dessinateurs de presse australien, a témoigné de sa solidarité: «Comme dessinateur qui aime la liberté d’opinion, ce sera difficile de dessiner demain. RIP et longue vie à Charlie Hebdo

Un autre Australien, David Pope, qui travaille pour le Canberra Times, publie ce dessin cinglant. En légende: «Il a dessiné le premier.» «Je ne peux pas dormir ce soir, mes pensées vont à mes collègues dessinateurs français et à leurs proches», raconte-t-il.

En Grande-Bretagne, Niall O’Loughlin, qui travaille pour The Independent, a rendu hommage à Charlie Hebdo: «Mon père était officier de police, j’ai choisi de devenir dessinateur de presse pensant que c’était moins dangereux.»

L’auteur britannique John O’Farrell, qui a notamment contribué à The Spitting Image, la version d’outre-Manche des Guignols, a partagé un dessin de Robert Mankoff, paru dans le New Yorker en septembre 2012. Il s’agit d’une case vide, surmontée de la légende suivante: «S’il vous plaît, appréciez de manière responsable ce dessin culturellement, ethniquement, religieusement et politiquement correct. Merci.»

En Belgique, le dessinateur Marec, pour le quotidien néerlandophone Het Nieuwsblad, s’est déclaré «choqué» après l’attaque de Charlie Hebdo et a demandé à tous les dessinateurs de se rassembler derrière la liberté d’expression. En Italie, c'est le dessinateur Gianluca Costantini, participant au projet Political Comics, qui brandit une feuille de papier où l'on peut lire: «Nous sommes tous Charlie Hebdo. Tuez-nous tous.»

De son côté, l'argentin Bernardo Ehrlich, qui collabore à El Pais, a réalisé un dessin accompagné de la légende suivante: «Le monde est devenu si sérieux qu’humoriste s’est transformé en profession risquée».

Le Chilien Francisco Javier Olea, dessinateur et illustrateur, appelle ses camarades à prendre les armes. 

 

En Amérique du Sud également, le Brésilien Carlos Latuff, qui participe à Middle East Monitor, montre comment les terroristes, en attaquant Charlie Hebdo, blessent en même temps l'islam.

Aux Etats-Unis, Ann Telnaes, collaboratrice pour le Washington Post et Prix Pulitzer, représente une dessinatrice en Statue de la liberté. En guise de flambeau, elle dresse un crayon. Au lieu de la tablette, elle porte un numéro de Charlie Hebdo.