Attaque à «Charlie Hebdo»: Le journal était régulièrement la cible de menaces

MEDIAS Deux hommes cagoulés ont ouvert le feu au siège de «Charlie Hebdo», ce mercredi...

A.L.

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Le dessinateur Charb et un des dessins parus en septembre 2012
Le dessinateur Charb et un des dessins parus en septembre 2012 — Fred Dufour / AFP

Deux hommes cagoulés ont ouvert le feu, ce mercredi matin, dans le siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. «C'est un attentat terroriste, ça ne fait pas de doute», a déclaré François Hollande, qui a confirmé la mort de onze personnesSuivez notre live en direct.

La Une de ce mercredi consacrée à Houellebecq

La dernière couverture du journal satirique, parue ce mercredi, était consacrée à Michel Houellebecq -dont le dernier roman Soumission, fait polémique -, et évoque «les prédictions du mage Houellebecq: en 2015 je perds mes dents...En 2022 je fais Ramadan!».

Les locaux incendiés en novembre 2011

La rédaction de Charlie Hebdo n'avait pas été concernée en novembre 2013 par les attaques ayant touché Libération et BFM-TV

La dernière attaque concernant la rédaction de Charlie Hebdo remonte à novembre 2011, deux jours avant la publication d'un numéro spécial baptisé «Charia Hebdo» contenant de nouvelles caricatures de Mahomet (après les premières publiées en 2006).

Les locaux du journal satirique (dans le XXe arrondissement) avaient été ravagés par un incendie criminel, son site Internet piraté, avec la page d'accueil remplacée par une photographie d'une mosquée et un verset du coran traduit en anglais. Charb (Stéphane Charbonnier), le directeur de la publication avait été menacé de mort. 

Charb, Riss, le directeur de la rédaction et le dessinateur Luz avaient été placés sous protection judiciaire. 

Après l'incendie, l'équipe de Charlie Hebdo avait été hébergée dans les locaux de Libération le temps de se trouver de nouveaux locaux. 

Un appel à décapiter le directeur de Charlie Hebdo 

Depuis l'incendie, Charlie Hebdo est visé par des menaces régulières. En juin 2013, un homme a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour avoir appelé à décapiter le directeur de Charlie Hebdo après la publication par le journal satirique de caricatures de Mahomet en septembre 2012.

Après la publication des caricatures, une plainte avait été déposée à Paris contre Charlie Hebdo pour «provocation à la haine» au nom de l'association syrienne pour la liberté, et une autre par l'association des Musulmans de Meaux pour «diffamation» et «injure publique». Charlie Hebdo s'était défendu de toute provocation. 

L'affaire des caricatures remonte à 2006

L'affaire des caricatures remonte à 2006, quand Charlie Hebdo avait publié les caricatures de Mahomet - parues d'abord dans la presse danoise - à la suite de nombreux journaux européens.

En juillet 2006, la Grande Mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la Ligue islamique mondiale avaient engagé des poursuites contre Philippe Val, alors directeur de Charlie Hebdo. Après un procès commencé en février 2007, Charlie Hebdo avait été relaxé en janvier 2008 devant la Cour d'appel de Paris qui avait jugé qu'il n'y avait pas eu d'injure envers les musulmans.