Les journalistes de «La Provence» dénoncent «les attaques régulières» de Bernard Tapie

PRESSE La rédaction du quotidien réagit aux «propos maladroits» prononcés dimanche par leur  propriétaire, lors d'un entretien sur iTélé...

20 Minutes avec AFP
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L'homme d'affaires Bernard Tapie le 12 mars 2014 à Marseille
L'homme d'affaires Bernard Tapie le 12 mars 2014 à Marseille — Franck Pennant AFP

Lors de son échange musclé avec Audrey Pulvar sur iTélé, Bernard Tapie a évoqué le journal La Provence, dont il est propriétaire. La société des journalistes de La Provence a déploré, dans un communiqué mardi, les «attaques régulières» de l'homme d'affaires.

«80% de la rédaction de La Provence était à gauche»

Lors de son face à face avec Audrey Pulvar, l’ex-ministre a affirmé que «80% de la rédaction de La Provence était à gauche» et critiqué la couverture, par son journal des munipales à Marseille : «Ils ont fait une campagne municipale vraiment pas objective, ils l'ont faite en faveur de (Patrick) Mennucci»,  le candidat socialiste».

«Le silence et la soumission n'ont jamais été la règle à La Provence. A plusieurs reprises, la rédaction a défendu son travail malgré un contexte économique difficile pour l'ensemble de la presse écrite et un actionnaire bruyant», a réagi la société des journalistes du quotidien.

«Décrédibiliser “sa matière première”»

«Bernard Tapie a racheté un journal aux finances exsangues et, pour l'heure, il est le seul à injecter de l'argent dans notre entreprise. Tous les personnels de La Provence, y compris à la rédaction, en sont conscients. C'est pour cette raison qu'ils comprennent d'autant moins les attaques régulières de leur actionnaire qui ne manque pas une occasion pour décrédibiliser “sa matière première”: les journalistes !», déplorent ceux-ci.

La Provence, née en 1997 du rapprochement du Provençal -de gauche- et du Méridional -de droite-, «a su s'affranchir des clivages droite/gauche», assurent-ils: «Au-delà de l'attaque frontale, et pas très élégante, il y a le mensonge. Nos archives sont à la disposition de ceux qui pourraient en douter. Y compris Bernard Tapie».

«La SDJ déplore les propos maladroits de son actionnaire alors que La Provence, comme l'ensemble des journaux, a plus que jamais besoin de sérénité pour surmonter la crise que connaît la presse», concluent-ils.