«Duval et Moretti» n'ont jamais peur de rien

©2006 20 minutes

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A série funky, tournage funky. Mardi soir, dans le quartier de Nation à Paris, les équipes d'Italique et de Pégasus productions mettent en boîte une scène de l'épisode 5 de « Duval et Moretti ». Cette série comico-policière, diffusée sur M6 l'année prochaine, s'inspire très librement de « Starsky et Hutch ». « Ce n'est pas un vulgaire copié-collé, tient à préciser M6, nous allons l'adapter à notre public. » Comment donc mettre une sauce bien française sur cette histoire de flics d'origine californienne contrôlée ? Le décor est un allié précieux : le repaire de l'indic César, joué par Magloire et descendant d'Huggy-les-bons-tuyaux, s'est mué en troquet de Picpus, couleur côtes-du-rhône approximatif. Tout ce qu'il y a de plus hexagonal. Emmanuel Patron, qui joue Duval, l'atteste : « En bons franchouillards, il peut arriver à Duval et Moretti de se boire une bière ! »Tandis que les vieux battants de porte du bar s'obstinent à s'entrebâiller - hop, un technicien y donne un coup de tournevis -, le comédien Alexandre Brasseur patiente, clope au bec et holster rapeux. « Le script, mélange de comédie et d'action, m'a convaincu tout de suite. Tout est bon enfant », se réjouit-il. Le « pool » de scénaristes qui a écrit les vingt et un épisodes de 52 minutes avait d'ailleurs des instructions de violence limitée. « Nous avons défini une charte en accord avec les principes du CSA pour l'heure de diffusion, précise Hélène Delale, productrice. Nous montrons du sang seulement si nécessaire, pour signifier la mort de quelqu'un. On ne se la joue pas Tarantino ! » Justement, un assistant gare devant le bar un coupé sport hémoglobine. « Nous avons enlevé les bandes blanches de Starsky et Hutch après le tournage de l'épisode pilote, sourit Nathalie Civrais, deuxième productrice. C'était vraiment too much ! » La Ford Gran Torino 1975 a laissé place à une Mazda RX-8. Il y a des mythes auxquels on ne touche pas.

Raphaëlle Baillot