Femmes reporters, des otages prisés

©2006 20 minutes

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Les femmes journalistes paient parfois le prix fort de leur vocation. En 2006, neuf d'entre elles ont été assassinées dans le monde, soit 11 % des journalistes tués, selon Reporters sans frontières (RSF). Alors qu'elles ne représentaient que 2,5 % des victimes en 2003. Pour Robert Ménard, fondateur de RSF, cela s'explique par le fait que les femmes journalistes sont de plus en plus nombreuses et qu'elles prennent plus de risques : « Fini le temps où elles ne couvraient que les sujets de société, même dans les pays en voie de développement. »Reporters ou enquêtrices de terrain, à l'image d'Anna Politkovskaïa - l'une des vingt et un journalistes tués en Russie depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000 -, elles constituent en outre des cibles idéales. « Otages, elles valent plus d'argent et sont la garantie d'un écho médiatique encore plus passionnel », explique Robert Ménard. En ce moment, sept journalistes sont emprisonnées dans le monde.

Laure de Charette