Visa pour l'image: Le photojournalisme entre guerres et crise économique

PHOTOGRAPHIE La 26ème édition du festival Visa pour l'Image se déroule jusqu'au 14 septembre à Perpignan...

20 Minutes avec AFP
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Une exposition sur l'Ukraine avec une photo signée Guillaume Herbaut
Une exposition sur l'Ukraine avec une photo signée Guillaume Herbaut — RAYMOND ROIG / AFP

Le festival de photojournalisme Visa pour l’Image s’est ouvert ce week-end à Perpignan avec en toile de fond de cette 26e édition une inquiétude croissante pour une profession lourdement menacée par la crise et les conflits.

Inquiétudes économiques

«Les financiers sont en train de tuer le photojournalisme», estime Jean-François Leroy, fondateur du festival. Il devient crucial que tous les acteurs de la presse, qui vivent grâce à votre talent et votre courage, cessent de vous sacrifier sur l’autel du seul profit financier», renchérit dans son éditorial Jean-Paul Griolet, président de l’Association Visa pour l’Image-Perpignan. Il appelle à l’aide le monde politique et financier: «Il faut agir vite pour sauver le photojournalisme» du seul profit financier actuel», dit-il.

Cibles humaines

Actualité oblige, les sujets chauds donneront le ton avec cette année l’Ukraine, Gaza, la Syrie, l’Irak… Mais le souvenir des nombreux journalistes qui ont perdu leur vie sur le terrain, dont 70 depuis 2014, devrait être omniprésent.

«Les journalistes n’ont pas d’armes et c’est pour cela qu’ils sont visés», s’est exclamé le directeur et fondateur de Visa pour l’Image, Jean-François Leroy en ouverture du festival. A cette occasion, il a rendu un hommage ému à James Foley, journaliste américain otage plus de deux ans puis égorgé en août devant une caméra au Proche-Orient.

Il a aussi évoqué le photographe Chris Hondros, tué en Libye en 2011, ou Anja Niedringhaus, photographe allemande abattue à Kaboul par un policier afghan en avril auxquels deux hommages posthumes seront rendus. Sans oublier la jeune Camille Lepage, tuée en Centrafrique le 12 mai dernier. Un prix Camille Lepage devrait bientôt être créé.

Pas d’animosité envers les photographes amateurs

En revanche, le photojournalisme, contrairement aux idées reçues, ne semble pas menacé par les photographes et vidéastes en herbe qui cherchent à vendre des documents exclusifs, souligne Jean-François Leroy. Une exposition provisoirement intitulée «Amateurs on the spot» leur est d’ailleurs consacrée au 26e Visa pour l’Image.

Cette nouvelle édition présente aussi une relecture de la guerre du Vietnam avec des clichés de «ceux du Nord», ces photographes vietnamiens, Doan Công Tinh, Maï Nam ou Hua Kiem qui ont couvert le conflit sous les bombes des B52.

Deux expositions, une de Pierre Terdjman et une de Michaël Zumstein, dépeignent les violences intercommunautaires en Centrafrique. Mary F. Calvert aborde les agressions sexuelles dans l’armée américaine et Olivier Laban-Mattéi l’exploitation intensive du sous-sol de Mongolie. Anne Rearick présente ses chroniques d’un township d’Afrique du Sud et Gaël Turine le mur de 3.200 km entre l’Inde et Bangladesh, inconnu du grand public.

Une dizaine de prix (Visa d’or news, magazine, presse quotidienne…) et de bourses (Getty Images, Pierre et Alexandra Boulat…) seront décernés, pour un montant total d’environ 157.000 euros.