Bonne conduite obligatoire pour les animateurs

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Quand Ruquier va signer son nouveau contrat en septembre prochain avec France Télévisions, il y verra une dizaine de lignes... détonantes. Une clause de bonne conduite a été intégrée, à la demande de Patrick de Carolis, dans tous les contrats des animateurs-producteurs du groupe. A la suite de l'affaire Delarue, comme le sous-entendait Le Canard enchaîné ? Plutôt en raison de l'affaire Pascal Sevran. La clause d'éthique a été pensée mi-décembre, après les propos racistes du présentateur sur les Noirs. La direction, contactée hier, ne veut plus compter dans ses rangs d'animateurs-producteurs « tenant des propos non conformes au respect de la personne, que ce soit à l'antenne des chaînes du groupe ou dans tout autre média ».Que risquent les Ruquier, Ardisson et consorts en cas de dérapage ? La résiliation de leur contrat, dixit le service juridique. Jean-Luc Delarue, en revanche, n'aurait pas de souci à se faire pour son pétage de plombs en plein vol. « Un citoyen n'a pas de comptes à rendre à son employeur sur sa vie privée », fût-elle agitée, précise Hervé Tourniquet, avocat. Or ses frasques se sont bien déroulées « dans un cadre strictement privé », comme le précise la direction de France Télévisions. « Les animateurs se croient tout permis. Mais ils sont salariés du service public, pas dans un show de téléréalité !, s'insurge Jean-François Téaldi, délégué SNJ-CGT. Ils doivent avoir une attitude conforme aux valeurs du service public. En revanche, il est hors de question qu'un salarié ne puisse pas critiquer sa boîte. » Allusion à France 24, dont la charte stipule noir sur blanc : « Nous parlons à l'extérieur d'une même voix. » « Si un journaliste dévalorise la chaîne, on lui demandera des explications », répond sobrement Alain de Pouzilhac, le président du directoire. A défaut de pouvoir contrôler les faits et gestes des vedettes, France Télévisions veut punir les mots douteux.

Laure de Charette