«Libération»: Les actionnaires tablent sur une cinquantaine de départs

MEDIAS Une clause de cession a été ouverte ce jeudi permettant aux journalistes qui le souhaitent de quitter le journal avec des indemnités…

20 Minutes avec AFP

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Au siège du journal Libération, le 3 septembre 2013, à Paris.
Au siège du journal Libération, le 3 septembre 2013, à Paris. — FRED DUFOUR / AFP

Les actionnaires de Libération tablent sur une cinquantaine de départs du quotidien, après l'ouverture ce jeudi d'une clause de cession permettant aux journalistes qui le souhaitent de partir avec des indemnités, sans être certains d'atteindre ce chiffre.

«Les actionnaires espèrent entre 50 et 70 départs, oui, mais il est très difficile de préjuger de ce qu'il va se passer», a commenté ce vendredi Tonino Serafini, délégué Sud et élu du CE, préférant ne pas se risquer à donner une estimation du nombre de départs.

L’ancienneté prise en compte

Le président du directoire François Moulias a confirmé à l'AFP «cet ordre de grandeur», avant d'ajouter: «Mais ça m'étonnerait qu'on les atteigne». Conséquence de la recapitalisation du quotidien, cette clause de cession permet aux 180 journalistes de partir avec un mois de salaire pour chaque année d'ancienneté, et ce, sans plafonnement à 15 ans comme c'est souvent le cas.

Propre au statut des journalistes et autres titulaires d'une carte de presse, la clause de cession permet, en cas de vente de leur titre, de quitter volontairement l'entreprise avec des indemnités de licenciement majorées en fonction de l'ancienneté et la possibilité de percevoir des allocations chômage.

Estimation difficile

L'accord ouvrant la clause à Libération s'applique jusqu'au 30 novembre et alloue en outre 12.000 euros supplémentaires aux salariés qui se décideraient à partir avant le 30 septembre. La clause pourrait coûter cher aux actionnaires: ils auraient provisionné sept millions d'euros, de source proche du dossier. «Quel que soit le nombre de départs, ils seront financés, donc on prévoit, mais c'est difficile à estimer», a seulement répondu François Moulias, interrogé sur le sujet.

Libération a été renfloué jeudi par ses actionnaires à hauteur de 18 millions d'euros, apportés principalement par Patrick Drahi, le patron de Numéricable, une recapitalisation prévue depuis des mois pour redresser le journal menacé de faillite.