LCI reste payante: Le CSA responsable des «conséquences sociales», prévient l'intersyndicale de TF1

MEDIAS Nonce Paolini, le PDG du groupe TF1, a confirmé la fermeture probable de la chaîne au 31 décembre après le refus du CSA d'autoriser son passage sur la TNT gratuite...

20 Minutes avec AFP

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 Le plateau de LCI Matin.
 Le plateau de LCI Matin. — IBO OGRETMEN / SIPA

L'intersyndicale du groupe TF1 a dénoncé ce mercredi «la lourde responsabilité» du CSA dans les «conséquences sociales» que va engendrer son refus de basculer LCI sur la TNT gratuite, synonyme selon elle de «condamnation à mort» pour la chaîne.

 

«Le CSA porte la lourde responsabilité des conséquences sociales catastrophiques qu'il va déclencher pour les salariés de LCI», a indiqué l'intersyndicale qui regroupe la CFTC, la CFDT, la CGC, la CGT et FO dans un communiqué publié au lendemain de la décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel, organe de régulation des médias.

«Incompréhension et colère»

Une réaction partagée par la Société des journalistes (SDJ) de TF1 qui refuse «qu'une autorité administrative indépendante fonde des choix aussi lourds de conséquence sur le droit à l'information en se basant uniquement sur des critères économiques».

L'intersyndicale indique avoir appris avec «incompréhension et colère» la décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel qui signe, selon elle, «la condamnation à mort pour LCI qui, avec 250 collaborateurs, n'aura pas les moyens de survivre avec les seules ressources de la distribution payante».

Recours possible pour TF1

Mardi soir, après le feu rouge du CSA au basculement sur la TNT gratuite, le PDG de TF1 Nonce Paolini a confirmé qu'il comptait fermer la chaîne le 31 décembre 2014, même s'il étudie aussi toutes les voies de recours, notamment auprès du Conseil d'État.

«Le CSA a montré, par cette décision prise au coeur de l'été, qu'il était capable de sacrifier 250 personnes et leurs familles pour protéger les intérêts économiques de quelques groupes capitalistiques ligués contre LCI afin de préserver leurs parts de marché et leurs marges bénéficiaires», affirme encore l'intersyndicale.

Les multiples promesses de reclassement seront-elles tenues?

Les syndicats du groupe TF1 demandent au CSA «d'assumer sa responsabilité en s'assurant que les multiples promesses de reclassement qu'ils ont reçu des groupes concurrents deviennent réalité», avant d'en appeler au président de la République, au Président de l'Assemblée Nationale et au Président du Sénat, «qui désignent les membres du CSA, afin de faire annuler cette décision injuste et inacceptable».

Ces derniers jours, les dirigeants d'i-Télé et BFMTV avaient proposé d'embaucher une partie de la rédaction de LCI si la chaîne venait à fermer. Dans un courrier au CSA, BFMTV et i-Télé avaient déclaré: «Sur la base de 103 journalistes (CDI) indiquée dans le rapport financier 2013 de LCI, nous proposons que nos groupes reprennent deux tiers des personnes concernées [en ouvrant] 33 postes chacun».

Olivier Schrameck souhaite que TF1 maintienne LCI

Le président du CSA Olivier Schrameck a indiqué ce mercredi sur France Info qu'il souhaitait que le groupe TF1 «accepte de maintenir» LCI. «Je souhaite vraiment que le groupe TF1 accepte de maintenir cette chaîne», adéclaré le président de l'autorité de régulation des médias. «C'est la décision du groupe TF1, il lui revient de la prendre», a déclaré Olivier Schrameck, faisant allusion aux menaces du PDG de TF1 Nonce Paolini qui entend fermer à la fin de l'année la chaîne.


Le président du CSA a également dénoncé le traitement journalistique de cette décision dans le JT de 20H de TF1. Evoquant les liens «très forts» entre TF1 et LCI, Olivier Schrameck a expliqué qu'«il ne pouvait pas y avoir de plus éclatante et de plus malheureuse coïncidence que les huit minutes que TF1 a consacré en premier sujet à ce seul thème alors que nous sommes confrontés à une actualité dense et hélas tragique».

Le gouvernement «respecte la décision du CSA»

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a déclaré ce mercredi que le gouvernement se devait de «respecter la décision prise en toute indépendance par le CSA». «C'est une nouvelle compétence qui a été donnée au CSA, celle de pouvoir se prononcer sur cette question» du passage à la TNT, a dit la ministre. «Auparavant, avant la loi du 15 novembre 2013 que j'ai fait voter, le CSA n'aurait pas pu se prononcer et LCI n'aurait même pas pu demander son changement de modèle économique. Maintenant, le CSA est une autorité totalement indépendante (...) et aujourd'hui nous avons à respecter la décision prise en toute indépendance par le CSA».
 
Interrogée à sa sortie du conseil des ministres sur un éventuel plan social au sein de la chaîne, Aurélie Filippetti a répondu: «Nous n'en sommes pas là», ajoutant être «très soucieuse de la question des salariés de LCI». «Nous suivrons avec beaucoup d'attention la suite de ce dossier»