France Inter: Des auditeurs devant la Maison de la Radio pour sauver «Là-bas si j'y suis»

RADIO  «Là-bas si j’y suis», émission symbole de France Inter, sera supprimée à la rentrée…

A.L. avec AFP

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Daniel Mermet, en 2010.
Daniel Mermet, en 2010. — HALEY/SIPA

«Là-bas si j'y suis», c'est fini, a annoncé fin juin la nouvelle directrice de France Inter, Laurence Bloch. Quelque 250 auditeurs de France Inter se sont rassemblés samedi après-midi devant la Maison de la Radio pour marquer leur soutien à l'émission présentée depuis 25 ans par le journaliste Daniel Mermet, 71 ans.

«On est tous venus pour sauver cette émission mais on pensait qu'une délégation allait être reçue par la direction, ce qui n'est pas le cas», a déclaré, déçu, Philippe Verdebout, un auditeur de 57 ans venu spécialement de Lille pour marquer son soutien à l'émission. 

«Là-bas si j'y suis» avait perdu 100.000 auditeurs depuis deux ans, pour tomber à 485.000 en audience cumulée, un score très bas, selon Radio-France.

Certains auditeurs ont alors décidé de se rassembler spontanément, malgré la pluie, se disant prêts à «se mobiliser» pour sauver une émission qui leur donnait l'opportunité de s'exprimer grâce à un répondeur qui diffusait certains de leurs messages en début d'émission.

Boycotter France Inter

«C'est un objet radiophonique qui détonne dans l'univers médiatique et représente l'idée même du pluralisme en offrant un véritable espace démocratique d'expression. Elle faisait hommage au service public», a affirmé Alain Peuplier, 29 ans et membre du Parti de gauche. «Son éviction est une décision politique qui prouve la docilité des dirigeants de cette radio», a-t-il ajouté.

Beaucoup exprimaient leur indignation et affirmaient vouloir boycotter France Inter. «Là-bas tend son micro à toutes les différences: notre raison de préférer France Inter», pouvait-on lire sur le panneau de l'un d'entre eux.

«C'est bien de se rassembler, mais il faut créer un réel rapport de force avec les 300.000 auditeurs de l'émission et rester mobilisés!», concluait au micro, sous des applaudissements nourris, Stéphane, un syndicaliste ayant effectué le déplacement depuis Rouen.

Reportages-fleuves, sujets atypiques, discours militant, décryptage marqué politiquement à l'extrême gauche, l'émission créée en 1989, diffusée quasi quotidiennement sur France Inter à 17h, puis à 15h, s'est démarquée dès sa naissance par un ton original et une qualité radiophonique inégalée.