Ségolène Royal sur TF1,<br>jour J

Alice Antheaume

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AFP TV

Lundi soir, Ségolène Royal est l’invitée de TF1 pour l’émission «J’ai une question à vous poser». Les cent Français qui vont interroger en direct la candidate socialiste sont déjà sur le pont... La production de l’émission et les équipes de TF1 aussi. En attendant de rejoindre les plateaux, ils se sont installés depuis dimanche au septième étage d’un hôtel parisien. Installés ou plutôt… retranchés.

Confidentialité
Impossible de les approcher. Dans le hall de l’hôtel, trois agents de sécurité aux aguets ne laissent rien passer, même en essayant de se faire passer pour une panéliste désorientée. La tentative d’imposture ne fait pas long feu et le «circulez» est courtois mais ferme: il n’y a rien à voir avant 1 heure dans la nuit de lundi à mardi. Les cent Français doivent en effet contractuellement tenir leur langue jusque là. En attendant, ils sont soumis à un programme qui compte peu de temps morts: réveil et petit déj’ à l’hôtel, matinée en réunion, déjeuner avec la production, puis direction les plateaux pour les essais lumière et les séances de maquillage.

Pour savoir comment se déroule cette journée, il n’y a donc guère que du côté de la production de l’émission que l’on peut essayer s’en savoir plus. Même si les employés de «Prime Productions» — la maison de production de Dominique Ambiel, ex conseiller en communication de Jean-Pierre Raffarin — sont également tenus à la confidentialité.

«Le brief»
Au comptoir du bar de l’hôtel, un homme avec un badge et une oreillette grille cigarette sur cigarette. «Je suis debout depuis 6 heures, et la journée ne fait que commencer», soupire-t-il en commandant un café. Quatre de ses collègues le rejoignent — même profil: oreillette, badge, clope et café. Ils font une pause pendant le «brief». Le «brief», c’est la réunion qui se tient de 9 heures à midi ce jour, entre les membres du panel et certains pontes de TF1 (Etienne Mougeotte, Patrick Lelay, Robert Namias et PPDA).

«Lelay ne dit rien en fait, raconte l’un. Il est là parce qu’il représente TF1 et que, ce soir, deux heures en prime time, c’est un gros événement. Mais entre nous, le brief ne se termine jamais à midi. A 11 heures et quelques, c’est plié».

«Cela fait partie du show»
Le but de cette réunion, c’est de classer les questions des sondés selon de grands thèmes, qui formeront le fil conducteur de PPDA le soir. Sauf que les interrogations du matin ne sont pas forcément les mêmes que celles du soir. Parce que «les membres du panel ne se comportent pas de la même façon le soir à l’antenne que le matin à l’hôtel. Et s’ils veulent poser une question un peu rentre-dedans, ils ne la poseront pas lors du «brief». En direct, il n’y a pas de garde-fou. Nous, la production, on pense que si quelqu’un fait le clown, cela fait partie du show. Mais au cours de deux dernières émissions, ça n’a pas débordé».

Apparemment donc, pas de stress en coulisses. Ségolène Royal est au fond «la seule qui a la pression», assurent les cinq garçons. «Ce soir, c’est la première fois depuis dix jours qu’elle est en direct à la télé. Alors ça passe ou ça casse… ».

«Fosse aux lions»
Pour les dirigeants de TF1, ça passera forcément: «Ségolène Royal fera plus d’audience que Nicolas Sarkozy (qui avait attiré 8,4 millions de spectateurs le 5 février), assure à 20 minutes un dirigeant de TF1, car non seulement ses partisans la regarderont mais ses opposants voudront aussi la voir dans la fosse aux lions».