Une journaliste d'Europe 1 brutalisée par le FN porte plainte

MEDIAS Elle a été jetée à terre jeudi soir par le service d'ordre du parti...  

Anne Demoulin

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Jean-Marie Le Pen à Marseille, le 20 mai 2014.
Jean-Marie Le Pen à Marseille, le 20 mai 2014. — Alain ROBERT/APERCU/SIPA

Une journaliste d'Europe 1 a déposé plainte vendredi après avoir été jetée à terre jeudi soir par le service d'ordre du FN lors de l'arrivée de Jean-Marie Le Pen à une conférence de presse à Nice.

Cinq jours d'ITT

Elle a été «projetée par terre» vers 19h par le service d'ordre du parti, qui a réagi nerveusement à l'affluence de la presse à l'arrivée du président d'honneur pour la tenue d'une conférence.

A la suite de cette chute, Brigitte Renaldi, qui s'est vue prescrire 5 jours d'Interruption Temporaire de Travail pour une «énorme contracture qui va des cervicales jusqu'en bas», a-t-elle expliqué à l’AFP.

La journaliste, «très choquée», estime qu'elle ne serait «jamais allée jusque-là si la violence n'avait pas atteint ce degré».

«Une violence inouïe»

«Lorsque Jean-Marie Le Pen est sorti de sa voiture, on a tendu les micros, et les caméramans se sont approchés, le service d'ordre s'est jeté sur les journalistes avec une violence inouïe, comme dans une mêlée de rugby», a-t-elle raconté, affirmant qu'une journaliste de LCI avait également reçu un coup de poing dans la poitrine.

La reporter d'Europe 1, qui a fait une crise de tachycardie après la bousculade, explique que les gardes du corps du FN ne se sont pas enquis de son état. «“Vous n'avez rien à foutre ici” m'ont-ils dit. “Je fais mon métier”, lui ai-je lancé, “Moi aussi”» a répondu l'un d'entre eux, raconte-t-elle.

Le soutien d'Europe 1

Selon une journaliste de l'AFP présente sur place, le service d'ordre a tenté de retenir les journalistes, qui s'étaient précipités pour interroger Jean-Marie Le Pen, particulièrement attendu après ses récentes querelles avec sa fille.

«Europe 1 encourage Brigitte Renaldi et la soutient dans sa démarche», a réagi la radio. Jean-Pierre Elkabbach a également apporté son soutien à la journaliste sur Twitter.

Le FN, de son côté, dit avoir «procédé à une enquête» sans pouvoir «déterminer de responsabilités».