Des agences furieuses de devoir payer TF1 et France Télévisions pour les cérémonies du Débarquement

MEDIAS Pour le directeur de l'information de l'AFP, «la commercialisation de cet événement historique est choquante»...

J.M. avec AFP

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Une reconstitution historique pour marquer le 70e anniversaire du  du débarquement des Alliés à Anzio, en Italie, le 22 janvier 2014.
Une reconstitution historique pour marquer le 70e anniversaire du du débarquement des Alliés à Anzio, en Italie, le 22 janvier 2014. — Une reconstitution historique pour marquer le 70e anniversaire du du débarquement des Alliés à Anzio, en Italie, le 22 janvier 2014.

Des dizaines de millions de téléspectateurs pourraient être privés d'images en direct des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement après la décision de la présidence française d'en rendre l'accès payant aux grandes agences de presse mondiales.

Les droits exclusifs de retransmission en direct des cérémonies, qui réuniront une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement, dont la reine d'Angleterre Elizabeth II et le président américain Barack Obama le 6 juin en Normandie, ont été attribués par la présidence française à la chaîne de télévision privée TF1 et au groupe public France Télévisions.

Les télévisions réclament près de 200.000 euros

Contrairement aux usages, ces télévisions réclament près de 200.000 euros aux agences internationales Associated Press, Reuters, Agence France-Presse et ENEX (un réseau mondial de chaînes privées) pour les droits de retransmission en direct, y compris sur Internet.

Les quatre agences, qui fournissent des images à quelque 1.500 chaînes dans le monde entier, jugent cette somme exorbitante et réclament un accès libre de droits, comme c'est la coutume pour ce type de commémorations au retentissement mondial et à la portée historique.

«Les restrictions imposées aux agences de presse internationales pour la couverture des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement sont incompréhensibles», a déclaré le directeur de l'information de l'AFP, Philippe Massonnet. Pour lui, «la commercialisation de cet événement historique est choquante».

«Nous sommes consternés par la décision de l'Élysée»

La directrice de l'information de l'Associated Press, Kathleen Carroll, a souligné que cette affaire risquait de priver des anciens combattants, qui ont pris d'assaut les plages normandes il y a 70 ans et qui, pour la majorité d'entre eux, sont trop âgés pour se rendre sur les lieux, des images d'une cérémonie dont ils seront les héros.

«Nous sommes consternés par la décision de l'Élysée de refuser un accès équitable à l'Associated Press et à d'autres agences aux retransmissions en direct des commémorations du Débarquement, auxquelles participeront de nombreux chefs d'État et de gouvernement et des centaines d'anciens combattants», a-t-elle déclaré.

Les agences ont protesté auprès de la présidence française

Les responsables de la communication de la présidence française avaient initialement garanti un égal accès aux images en direct des cérémonies mais se sont ensuite rétractés. Les agences ont protesté formellement auprès de la présidence française et continuent leurs efforts pour tenter de la faire revenir sur sa décision, mais pour l'heure sans résultat.

TF1 et France Télévisions ont en revanche assuré un accès privilégié aux télévisions membres de l'Union européenne de radio-télévision, qui regroupe une centaine de chaînes. Les agences AP, AFP et Reuters ont alerté leurs clients vendredi qu'elles ne seraient peut-être pas en mesure d'assurer la diffusion des images.

A une semaine de l'événement, qui a demandé de longs préparatifs dans les rédactions, «l'AFPTV et les autres agences internationales ne sont pas en mesure à ce stade de vous annoncer une couverture complète en direct ni en différé des cérémonies internationales», met en garde l'AFP dans ses prévisions aux clients diffusées vendredi matin.