Un nouveau gratuit à Paris

MEDIAS «Matin Plus», le quotidien des groupes Bolloré et Le Monde paraît mardi matin dans la capitale…

Raphaëlle Baillot

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Opération Séduction. Mardi matin, un nouveau gratuit débarque à Paris. Et bien sûr, un des premiers objectifs du «Bollomonde», autrement dit «Matin Plus», des groupes Bolloré et Le Monde, est de faire bonne impression auprès des annonceurs.

 
Normal pour tout numéro un, crucial pour un gratuit dont le modèle économique repose sur les ventes publicitaires. Et le titre, d’ores et déjà tiré à 350 000 exemplaires (contre 714 179 pour «20Minutes» et 541 577 pour «Métro») voit grand. Petit format (demi-berlinois), couverture rouge, rubriques identifiées par un code couleur (Paris, France, Monde, Sports et Loisirs)...
 
«Nous avons insufflé à cette maquette un esprit jeune, sourit Jacques Séguéla, en jouant sur la maniabilité et en distillant énormément de photos dans les 28 pages ». Le fameux publicitaire et ami de Vincent Bolloré exagère à peine: chaque rubrique s’ouvre sur une double page des clichés marquants de la veille, façon «pêle-mêle» de notre enfance.
 
Le but, séduire la cible jeune et urbaine des concurrents. «Pour l’instant, nous ne sentons pas de fléchissement de la clientèle», assure pourtant Aymeric Guespereau, chef du service commercial de Métro France. Mais l’appétit médiatique de Vincent Bolloré fait un peu peur dans le milieu: il dit pouvoir mettre 40 millions d’euros dans le journal, contrôle une bonne partie de la chaîne de la pub, de la création à l’achat.
 
Dans tous les cas, «Matin Plus» vise un objectif de 30% de réclames dans sa pagination, et atteindrait pour l’heure un quota de 15 à 20%. « Nous avons décroché de gros annonceurs, promet Carine Barrel, directrice marketing de Bolloré Médias. Et visons de la pub haut de gamme».
 
Ce positionnement stratégique qui vise à faire oublier une double casserole: les retards successifs d’un lancement annoncé depuis novembre, et la piètre réputation de «Direct Soir», le grand frère gratuit lancé en juin dernier. Du coup, on ne lésine pas sur l’estampillage de prestige: les articles fournis par «Le Monde» et «Courrier International» ont droit à des cartouches de deux centimètres sur six: tout sauf discret!