100 Français ont «une question à poser» à Sarkozy

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Les tensions semblaient apaisées jeudi à l'UMP après un bureau politique qui a repoussé à fin décembre la limite de dépôt des candidatures à la présidentielle, échéance acceptée par Michèle Alliot-Marie, alors que Nicolas Sarkozy annoncera sa très probable candidature la semaine prochaine.
Les tensions semblaient apaisées jeudi à l'UMP après un bureau politique qui a repoussé à fin décembre la limite de dépôt des candidatures à la présidentielle, échéance acceptée par Michèle Alliot-Marie, alors que Nicolas Sarkozy annoncera sa très probable candidature la semaine prochaine. — Jacques Demarthon AFP

Toutes les chaînes se passent le mot depuis le 21 avril 2002 : il faut redonner la parole aux Français dans les émissions politiques. Oui, mais lesquels, et où les trouver ? Confortée par les 7,4 millions de téléspectateurs de TF1 qui ont regardé Jacques Chirac face aux jeunes au moment du référendum européen, la télé se lance à la chasse au bon témoin. Sport ardu que la Une préfère confier à des pros. L'institut de sondage Sofres a fait remonter de ses listings cent Français par âge, sexe et catégorie socio-professionelle. Ce soir, à 20 h 50, ce panel cuisinera Nicolas Sarkozy pour la première de «J'ai une question à vous poser», arbitrée par PPDA. «Hommes ou femmes, jeunes et vieux, ouvriers ou entrepreneurs, ils représentent exactement la France», se félicite Robert Namias, chef de l'info. Malgré tout, la centaine risque fort de ressembler à une majorité silencieuse, car en 2 h 30 de débat, seules vingt à trente personnes interviendront. «On ne choisira pas de happy few, jure Namias. Des personnalités s'imposeront spontanément en prenant la parole, comme dans la vie.»

Ce manque de temps étant le mal classique des débats politiques, le vrai bon client doit savoir faire court. «La concision est un critère de sélection pour les témoins de « Français, votez pour moi», admet Jean-François Gringoire, le rédacteur en chef de cette émission de France 3 présentée par Audrey Pulvar et inaugurée lundi dernier. «Vous ne savez jamais vraiment comment les témoins vont réagir une fois la lumière rouge des caméras allumée, poursuit-il. Ils ont besoin de s'exprimer, ça peut prendre du temps !» Pour limiter les mauvaises surprises, les antennes régionales lui ont fourni des intervenants déjà «testés». Comme Gülsen Yildirim : «J'avais déjà participé à trois débats sur France 3-Limousin, note ce maître de conférences en droit de la fac de Limoges. Mon profil intéresse parce que je suis une femme d'origine immigrée, et qui a réussi », sourit-elle. Quant à savoir si elle a obtenu une réponse à ses questions posées à Patrick Devedjian (UMP) ou à Julien Dray (PS), c'est une autre histoire : «Aucun n'a vraiment répondu à mon intervention sur les moyens de défendre les victimes de discrimination.»

Raphaëlle Baillot