Monica Lewinsky sort de son silence

MEDIAS Dans «Vanity Fair», l'ancienne stagiaire de la Maison Blanche évoque «son humiliation mondiale» après sa liaison avec Bill Clinton...

P.B. avec AFP

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Monica Lewinsky, en 2011.
Monica Lewinsky, en 2011. — MCMULLAN CO/SIPA

Plus de 15 ans se sont écoulés depuis le scandale planétaire. Aujourd'hui âgée de 40 ans, Monica Lewinsky se livre dans une tribune à paraître jeudi dans Vanity Fair. «Il est temps de tourner la page. Je veux me réapproprier mon histoire et donner un sens à mon passé», écrit-elle, selon des extraits publiés mardi.

«Je regrette profondément ce qui est arrivé entre le président Clinton et moi», souligne-t-elle. Après une dizaine d'années de quasi-silence, l'ancienne stagiaire désormais âgée de 40 ans explique qu'elle a été tellement silencieuse que «la rumeur dans certains cercles devenait que les Clinton avaient dû me payer». Or «rien n'est plus éloigné de la vérité», affirme-t-elle.

Une «relation consensuelle»

«C'est vrai, mon chef a profité de moi, mais je resterai toujours ferme sur ce point: il s'agissait d'une relation consensuelle», souligne la jeune femme. «Toute cette notion de maltraitance est venue après, quand je suis devenue bouc émissaire pour protéger (la) puissante position» de Bill Clinton, explique-t-elle.

Après le scandale à la fin des années 1990, Monica Lewinsky assure qu'elle a «refusé des offres qui auraient pu lui faire gagner plus de 10 millions de dollars, parce que ça ne semblait pas être la bonne chose à faire».

Elle a alors déménagé à Londres, où elle a passé un diplôme en psychologie sociale à la London School of Economics, puis à Los Angeles, New York et Portland. Elle a postulé à divers emplois dans la communication et le marketing, mais «en raison de ce que les employeurs qualifiaient avec tact de mon ''histoire'', je n'étais jamais la ''bonne personne'' pour le poste».

«Humiliation mondiale»

L'ancienne stagiaire de la Maison Blanche estime avoir été en 1998 «non seulement la personne la plus humiliée au monde», mais «sans doute la première personne dont l'humiliation mondiale a été propagée par Internet».Son objectif, assure-t-elle, est désormais de s'impliquer dans la défense «de victimes d'humiliations et de harcèlement en ligne et de commencer à parler de ce sujet dans des forums publics».

En août 1998, Bill Clinton avait été contraint d'admettre devant un grand jury qu'il avait eu une «relation inconvenante» avec Monica Lewinsky à la Maison Blanche. La stagiaire avait reconnu sous serment avoir eu neuf rencontres à caractère sexuel avec le président mais affirmé qu'il n'y avait pas de de «rapports sexuels».

Une affaire qui n'arrange pas Hillary Clinton

Monica Lewinsky, qui dit avoir eu des «pensées suicidaires» après les faits, s'est «terrée» lors de la candidature d'Hillary Clinton à l'investiture démocrate, en 2007. Elle jure qu'elle ne restera, cette fois, «pas silencieuse», alors que l'ex-first Lady pourrait se lancer dans la course à la présidence de 2016.

Récemment, l'affaire est revenue sur les devants de la scène. Le sénateur républicain Rand Paul, qui pourrait être candidat, avait notamment estimé que Bill Clinton avait «abusé» de sa position. Selon lui, les démocrates ne devraient pas «donner de leçons» sur les abus dont sont victimes les femmes.