Mélenchon s'attaque à «Libé» et «Le Monde»: Des propos jugés «insultants» et «diffamants»

MEDIAS Sur son blog, le leader du Front de Gauche appelle ses militants à «surveiller» et «filmer les agissements» des journalistes des deux quotidiens…

A.L.

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Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, à la manifestation contre les retraites le 10 septembre 2013.
Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, à la manifestation contre les retraites le 10 septembre 2013. —

«Les propos de M. Mélenchon visant notre journal sont, cette fois encore, mensongers, insultants et diffamants», s'est indignée lundi après-midi la directrice du Monde Natalie Nougayrède. Dimanche, le leader du Front de gauche, tête de liste aux Européennes dans le Sud Ouest, et bien connu pour sa haine des médias, franchissait une étape de plus en appelant ses sympathisants à «surveiller de façon étroite et vigilante» les journalistes du Monde et de Libération, «à [les] filmer si possible, dès qu’ils les repèrent, qu’ils agissent à découvert ou qu’ils se cachent sous des faux noms». «Cette basse manœuvre ne sert qu’un objectif: empêcher nos équipes de faire leur travail de journaliste», rétorque Natalie Nougayrède sur le site de son quotidien.

«Nos journalistes continueront à faire leur travail»

Du côté de Libération, Matthieu Ecoiffier, chef du service politique, «déplore» des propos dont «l’objectif n’est que trop évident: déclencher une polémique médiatique et politique dans la dernière ligne droite de sa campagne pour les élections européennes». «Libération ne participera pas à cette stratégie de victimisation dont l’ex-candidat à la présidentielle use de façon récurrente», ajoute Libération qui rappelle qu’en 2012 Mélenchon n’avait plus parlé aux reporters de presse quotidienne nationale pendant les trois dernières semaines de sa campagne présidentielle. «Nos journalistes continueront à faire leur travail (…) Que ce dernier demande à ses militants de nous surveiller ou d’entraver notre traitement est inacceptable».

Les «publireportages sur les Le Pen»

Si Jean-Luc Mélenchon appellait dimanche les militants à repérer les journalistes qui se cachent sous des «faux noms», c'est parce que selon Gabriel Amard, tête de liste Front de gauche aux Européennes dans la circonscription du Grand Est, un journaliste du Monde se serait fait passer pour un confrère de Libération, ce que défendent formellement les rédactions du Monde et de Libération, l’envoyé spécial en question n’ayant à aucun moment, disent-ils, caché son identité. Les journalistes des deux rédactions ne sont «pas les bienvenus dans ses meetings et déplacements», poursuivait Mélenchon, en accusant en particulier Le Monde. «A titre personnel, je n'ai aucune envie de voir dans ma campagne le journal des publireportages sur les Le Pen qu’est Le Monde pointer ses petites pattes pleines de fiel. Qu’il reste à la maison  Car s’il venait, ce serait pour jeter du venin, exciter les divisions ou se livrer à des provocations».