Le CSA choisit «l’audace et le dynamisme» et donne un coup de jeune à Radio France

MÉDIAS Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a nommé ce jeudi Mathieu Gallet, 37 ans, à la présidence de Radio France…

avec AFP

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Olivier Schrameck à Paris le 19 mars 2013.
Olivier Schrameck à Paris le 19 mars 2013. — WITT/SIPA

Choix de la jeunesse dans l'audiovisuel: Mathieu Gallet, 37 ans, PDG de l'Institut national de l’audiovisuel (INA) à la carrière fulgurante, a été nommé jeudi par le Conseil supérieur de l'audiovisuel nouveau président de Radio France à partir de mai, succédant à Jean-Luc Hees pour cinq ans.

«Nous avons choisi une personnalité jeune, la plus jeune de l'histoire de Radio France», a fait valoir le président du CSA Olivier Schrameck, en assurant que ce choix, une surprise pour la plupart des analystes, était «celui de l'audace et du dynamisme».

«Une évidence» 

Il a vanté notamment la «conscience aiguë des enjeux du numérique», la «vision stratégique» et «le tempérament volontaire» de Mathieu Gallet. Son bilan sur la progression du numérique à l'INA a aussi beaucoup compté.

Mathieu Gallet a été élu à l'unanimité des neuf membres du collège du CSA, qui compte 5 ex-journalistes. Tous expliquent avoir été conquis par la brillante audition du jeune candidat, qui d'après eux se détachait très nettement des autres, parfois «décevants». «Nous avons tous voté pour lui, c'était une évidence», a lancé Christine Kelly, membre du CSA.

Une carrière déjà longue

Le CSA a retenu le plus jeune des six candidats présélectionnés pour prendre la tête de Radio France, plutôt que son actuel dirigeant Jean-Luc Hees, 62 ans, la directrice générale d'Arte France Anne Durupty, 59 ans, ou encore Martin Ajdari, 45 ans, secrétaire général de France Télévisions.

Jeune dirigeant à la carrière déjà longue, marquée à droite, Mathieu Gallet a débuté sa carrière dans le privé (Warner, Pathé, puis Canal+), avant d'entrer en 2006 au cabinet du ministre de l'Industrie François Loos, puis en 2007 au ministère de la Culture. Conseiller technique pour l'audiovisuel au ministère de la Culture sous Christine Albanel, puis directeur adjoint de cabinet de Frédéric Mitterrand à partir de 2009, il était président de l'INA depuis mai 2010.

Redresser les audiences et développer les radios sur le Net

Une fois à son poste, Mathieu Gallet devra redresser une audience en léger recul: fin 2013, Radio France rassemblait 25,2% d'audience cumulée, soit un point de moins qu'en 2009. Un chiffre qui reflète notamment une baisse de France Info et la quête d'un nouveau souffle à France Inter, malgré une progression de France Bleu.

Le prochain président de Radio France devra aussi continuer à développer les radios publiques sur Internet et gérer la transformation de la Maison de la Radio en nouveau grand lieu culturel parisien. Il devra par ailleurs gérer des conflits sociaux, dont celui de France Bleu, où les journalistes ont fait grève début février contre des réformes qui, selon eux, amputent les effectifs des reportages.

Nouveau mode de nomination

Le CSA appliquait pour la première fois son nouveau pouvoir de nomination indépendante des patrons de l'audiovisuel, depuis que François Hollande a fait modifier fin 2013 la loi adoptée sous Nicolas Sarkozy, qui donnait ce pouvoir directement au président de la République.

Créé en 1975, le groupe Radio France, fort d'un budget de 660 millions d'euros et de 4.300 collaborateurs, gère six radios (France Inter, France Info, France Culture, France musique, Fip et Le Mouv') et les 44 stations locales du réseau France Bleu, écoutées chaque jour par plus de 14 millions d'auditeurs.