Sketch sur le Rwanda: Canteloup ne présentera pas ses excuses

A.L

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L'humoriste Nicolas Canteloup à la télévision en 2009.
L'humoriste Nicolas Canteloup à la télévision en 2009. — BENAROCH/SIPA

Mercredi matin, Nicolas Canteloup transformait dans sa «revue du presque» sur Europe 1 le conflit rwandais en conflit de voisinage comme a l’habitude d’en régler Julien Courbet sur TMC: «Vous avez découpé, macheté et carpaccioté sa famille, alors qu'apparemment il n'en avait pas exprimé le désir». Un sketch jugé «ignoble» par le Conseil représentatif des associations noires (Cran), indigné que «quand il s’agit des Noirs, on puisse tout se permettre», et qui a saisi le CSA pour obtenir la rédaction d’un «code de déontologie» concernant la représentation des crimes contre l’humanité.

Ce vendredi, Nicolas Canteloup est revenu [la chronique est à écouter ici] sur son sketch de l’avant-veille, mais sans présenter d’excuses. En imitant Nikos Aliagas, Canteloup a d’abord cité la devise de Beaumarchais: «Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer», expliquant qu’il voulait «faire sourire avec une réalité justement parce qu'elle est tragique, donc insupportable», avant d’ironiser sur les freins que l’on donne aujourd’hui à l’humour. «On fait une vanne, on doit s'excuser! Une vanne, une excuse! Une vanne, une excuse! Dès que ça gueule, dès qu'un autoproclamé prof d'humour vous met un carton jaune, faut s'excuser!».

Le Cran a déjà saisi le CSA en décembre au sujet du sketch sur le génocide rwandais diffusé sur Canal+. Le CSA a indiqué le 29 janvier avoir adressé une mise en demeure à la chaîne cryptée, estimant qu’«en dépit du genre humoristique auquel elle entendait être rattachée (…) certains propos tenus dans cette séquence portaient atteinte à la dignité de la personne humaine».