Le monde de la presse et des lettres tire son irrévérence à François Cavanna

MEDIAS Les réactions au décès de l’écrivain et journaliste François Cavanna, cofondateur d’«Hara-Kiri» et de «Charlie Hebdo»...

Anne Demoulin, avec AFP

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François Cavanna en 2004.
François Cavanna en 2004. — IBO/SIPA

Une sale nouvelle. L’écrivain et journaliste François Cavanna, cofondateur d’Hara-Kiri et de Charlie Hebdo est mort ce mercredi.

«C'est le grand prêtre de l'humour qui disparaît, mais Cavanna n'est pas tout à fait mort: Charlie Hebdo lui survit», a déclaré Charb, le directeur de l’hebdomadaire satirique. La rédaction lui a rendu hommage avec un tweet qui traduit la pensée du chantre de l’impertinence qui clamait: «Rien n’est respectable... Les choses sont drôles quand on veut les regarder d’un œil drôle».

«Il était lui-même dessinateur, c'est pour ça que ça a marché», se souvient quant à lui le dessinateur Cabu, dans le coup dès le départ: «Il a vu ça avec l'œil du dessinateur».

« Nous sommes quelques-uns à lui devoir beaucoup. Il n'y avait pas moins journaliste que lui et il était un journaliste parmi les plus grands », écrit Delfeil de Ton, l’un des premiers rédacteurs d’Hara-Kiri dans un billet sur le site du Nouvel Observateur. «En voilà un qui n'aura pas laissé l'humour, en partant, dans l'état où il l'avait trouvé en arrivant. Il avait enterré Choron. Il avait enterré Fournier, il avait enterré Reiser, il avait enterré Gébé. Enterré Fred et Topor. Il ne nous aura pas enterrés tous. Dommage. C'est lui qui se serait farci les nécros», a-t-il conclu.

«C'était un homme tendre, passionné, énervé, autodidacte. Faut relire Les Ritals, un chef d'œuvre», se souvient au micro de RTL, Michèle Bernier, la fille du Professeur Choron.

Le journaliste et écrivain Pierre Assouline a choisi, quant à lui de parodier le plus célèbre des titres d’Hara-Kiri. Dans le n°94, daté du lundi 16 novembre 1970, la couverture du magazine titre : «Bal tragique à Colombey: 1 mort» à la suite du décès du général de Gaulle le 9 novembre 1970. Ce titre faisait référence à un fait divers, l’incendie du dancing «Cinq-Sept» où 146 personnes avaient trouvé la mort.

L’artiste photographe belge Irving S. T. Garp partage sur son compte Twitter les bons mots de l’ardent défenseur de la langue française et de l’indépendance d’esprit.

«Sans Cavanna, jamais je ne serais devenu écrivain», a déclaré au quotidien Le Monde, l'écrivain Denis Robert, ancien journaliste d'investigation à Libération.

«C'était un homme bon et intelligent, un philosophe toujours pertinent. Jamais une once de haine chez lui, contrairement aux faux rebelles d'humoristes qu'on voit à la télé et qui font dans “le bête et méchant”», a poursuivi le membre du jury du Festival d’Angoulême, qui préparait justement un documentaire sur le cofondateur d’Hara-Kiri.