VIDEO. François Cavanna, cofondateur de «Charlie Hebdo» et de «Hara-Kiri», est mort

Anne Demoulin

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Le journaliste François Cavanna en 2006.
Le journaliste François Cavanna en 2006. — CAPMAN/SIPA

Le cofondateur d’Hara-Kiri et de Charlie Hebdo François Cavanna est décédé ce mercredi, à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. L'information révélée par Le Nouvel Observateur, ce jeudi, a été confirmée à 20 Minutes par le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, Charb.

L'inventeur d'une nouvelle presse

Né le 22 février 1923 à Nogent-sur-Marne, cet enfant d’immigré italien avait fait le STO en Allemagne. Cet autodidacte avait entamé sa carrière comme dessinateur de presse dans les années 1940, sous le pseudonyme de Sepia.

En 1954, il intègre la rédaction d’une publication toute nouvelle, le magazine Zéro, fondé par Jean Novi. Il se lie d'amitié avec Georges Bernier, un colporteur tellement grande gueule qu'il devient directeur des ventes; François Cavanna devient de son côté, rédacteur en chef.

Après la mort de Jean Novi, il fonde avec Georges Bernier, plus connu sous le nom de «Professeur Choron», un journal d’un nouveau genre, Hara-Kiri. «Il s'agissait de bouffer du curé et de dénoncer les ordres établis, mais surtout de se marrer et faire rire les lecteurs», racontait récemment François Cavanna, au sujet du lancement du journal satirique en 1960.

Puis, ce fut Hara-Kiri hebdo, s'ajoutant au mensuel, puis Charlie Hebdo prend la relève en 1970. La censure l’avait contraint à en changer le nom. Sous sa direction éditoriale nait une nouvelle génération de dessinateurs à l'humour vachard: Gébé, Reiser, Cabus, Willem, Wolinski, Topor.

Un Rabelais moderne

Pierre Desproges, qui collabora à Charlie Hebdo en 1981-1982, admirait tant la plume de François Cavanna, qu'il comparait à un Rabelais moderne. «Seule la virulence de mon hétérosexualité m'a empêché à ce jour de demander Cavanna en mariage», plaisantait-il dans son réquisitoire.

A la fin des années 1970, cet ardent défenseur de la langue française racontera son enfance en marge du Front populaire dans Les Ritals: «J'étais parti pour raconter les Ritals, je crois qu'en fin de compte j'ai surtout raconté papa», résumera-t-il. Dans Les Russkoffs, prix Interallié 1979, il racontera les stalags, la faim et la souffrance de ceux qui ne furent «ni des héros, ni des traîtres».

En 2010, il règlera ses comptes dans Lune de Miel, avec le mal qui le rongeait, Parkinson, «sa salope de maladie». François Cavanna aurait eu 91 ans le mois prochain. Son départ n’en demeure pas moins «bête et méchant».

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