«Oui, il y a de vrais journalistes au Journal de Mickey»

Propos recueillis par Benjamin Chapon

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En 2014, «Le Journal de Mickey» fête ses 80 ans.
En 2014, «Le Journal de Mickey» fête ses 80 ans. — Disney Hachette Presse

Contrairement à Tintin, Clark Kent (alias Superman), Peter Parker (alias Spiderman)ou même Achille Talon et Gaston Lagaffe, Mickey et Donald ne sont pas journalistes et ne travaillent pas dans une entreprise de presse. Pourtant, le Journal de Mickey est bien une institution de la presse. L’hebdomadaire de bande dessinée fête en 2014 son 80e anniversaire. Une exposition itinérante relatant l’histoire du journal débute son périple par Angoulême, jusqu’au dimanche 2 février. Rencontre avec Edith Rieubon, rédactrice en chef du Journal de Mickey.

En quoi consiste le poste de rédactrice en chef du Journal de Mickey? A veiller à ce que Pat Hibulaire ne rôde pas à la rédaction?

Nous sommes un vrai journal avec une petite rédaction d’une grosse dizaine de journalistes. Le Journal de Mickey n’est pas la traduction d’un journal américain. Nous choisissons les planches de BD et les jeux que nous publions et nous réalisons plusieurs articles dans différentes rubriques.

Comment choisissez-vous les BD?

Nous publions ce que nous considérons comme le meilleur de la BD jeunesse en gags. Pour ce qui est des BD Disney avec Mickey ou Donald, nous avons accès au fond Disney, qui est un peu un puits sans fond. Pour le reste, on essaye de faire un mélange de différents styles. Par exemple, nous veillons à ce qu’il y ait des BD pour les filles. La moitié de nos lecteurs sont des lectrices et c’est important pour nous.

Quel âge a votre lecteur moyen?

La cible est entre 8 et 14 ans mais la plupart des lecteurs ont entre 10 et 12 ans. On a aussi quelques lycéens nostalgiques. Bon, ils ne s’en vantent pas auprès des copains, c’est sûr.

Vous publiez très peu de BD américaines…

C’est vrai puisque 99% des BD Disney sont réalisées en Europe, notamment en Italie ou aux Pays-Bas. Et nous favorisons les BD franco-belges en gags.

Titeuf, Boule et Bill, l’élève Ducobu… Vous ne prenez pas beaucoup de risques éditoriaux…

On publie ce qui plaît aux lecteurs, bien sûr, des BD qui donnent la pêche. Mais on sait aussi créer. C’est l’ancien rédacteur en chef BD du Journal de Mickey qui a présenté le dessinateur et le scénariste de la série à succès Les Profs. Bien avant le triomphe du film au cinéma et avant même qu’un éditeur ne flaire le bon coup, les planches des Profs étaient publiées dans le Journal de Mickey.

Concernant les articles, quelle est la ligne éditoriale?

On offre une sélection de l’actualité culturelle. Quand il y a un nouveau Pokémon, on en parle, c’est sûr. En comparaison des autres éditions européennes du Journal de Mickey, on a beaucoup d’éditorial. On fait des articles de découvertes sur des sujets très variés comme la science, l’écologie, l’histoire…

Que va présenter l’exposition d’Angoulême?

Enormément de visuels. Les enfants pourront découvrir ce que leurs grands frères et arrière-grands-parents lisaient comme BD.