«Le Monde» (encore) épinglé

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L’interview la plus dérangeante du Rapport Omertà 2003 est celle de l’éditeur Laurent Beccaria. Passé par Plon et Stock, il a créé sa propre maison d’édition, Les Arènes, il y a cinq ans. Entre procès et règlements de compte médiatiques, ses désillusions sont nombreuses. Par exemple, lorsqu’il décide de publier l’enquête de Denis Robert sur les pratiques de la maison de courtage Clearstream, en 2001. Le Monde se montre alors intéressé par la publication d’un extrait du livre... avant d’y renoncer sans explications (ce qui est son droit). Le Figaro y consacrera deux pages et la une. « Le Monde fera paraître par la suite cinq articles au vitriol contre le livre. » Une explication parmi d’autres, avancée par Beccaria : « Plenel dirige un journal institutionnel. Il ne veut pas prendre le risque d’un plantage et ne travaille donc que sur des documents officiels. Donc, il n’y a d’affaire publiable que lorsque la justice est saisie. C’est une sorte de journalisme où l’on travaille sur livraison, en quelque sorte, de la part des avocats et des policiers (...) Edwy Plenel m’a dit en parlant de Denis Robert qu’il n’aimait pas les “irréguliers”. »