«On a les moyens de vous faire chanter» sur France Inter: Le retour aux sources du radio-crochet

Joël Métreau

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Le chanteur Jean Elliot Senior, avec son groupe, à l'enregistrement du radio-crochet «On a les moyens de vous faire chanter», le 9 janvier 2014 à Paris.
Le chanteur Jean Elliot Senior, avec son groupe, à l'enregistrement du radio-crochet «On a les moyens de vous faire chanter», le 9 janvier 2014 à Paris. — Radio France / Christophe Abramovitz

Ils étaient 5.000 à envoyer leurs maquettes de chanson à France Inter, ils n’étaient plus que 54 à passer des auditions aux Trois Baudets, une petite salle de concert parisienne, qui a vu émerger Georges Brassens, Jacques Brel,  Juliette Gréco, Serge Gainsbourg, Boby Lapointe, ou encore Henri Salvador… Dans «On a les moyens de vous faire chanter», diffusé samedi de 21h à 22h sur la radio du service public, ils ne sont plus que 24, quinze hommes, neuf femmes. Le 21 juin, jour de la finale, le vainqueur sera récompense par l’enregistrement d’un album signé sur le label Cinq 7 et une tournée de 25 dates minimum.


Radio Crochet Inter : Les auditions par franceinter

Un projet ambitieux, porté par Pour Didier Varrod, dès sa nomination comme directeur de la musique sur France Inter. Il souhaitait faire revenir à la radio ce dispositif né sur les ondes en 1930 et très populaire dans les années 1960. Avant que la télévision ne s’en empare depuis 2001 avec la «Star Academy» de TF1 et les «Popstars» de M6 et la mélange aux codes de la téléréalité. Mais surtout Didier Varrod souhaite «remettre le curseur sur la création. En France, on a beaucoup d’artistes qui sont des bêtes d’interprétation, ce qu’ont révélé les télé-crochets, mais en chemin on a oublié qu’un artiste, c’est quelqu’un qui a un rapport au monde très défini et des choses à transmettre.» Et de rappeler que les candidats qui ont marqué les esprits possèdent un «univers fort»: Julien Doré, Olivia Ruiz, Camélia Jordana, Nolwenn Leroy…

Un jury avec Zazie et Orelsan

Les artistes du concours ne sont donc pas seulement interprètes, mais aussi auteurs et compositeurs. «C'est un moyen de faire connaître notre musique et nos textes, car il ne s'agit pas de chanter des reprises, explique Elisa Ruschke, moitié du duo Erka, l'occasion de ne pas être montrée que comme une jolie voix.» C’est aussi le répertoire des artistes que les auditeurs seront invités à juger, en votant chaque semaine sur Internet à l’issue de leurs prestations. Valli, qui animera l’émission, insiste sur la qualité «intimiste» de la radio par rapport à la télévision, déplorant presque que les concerts soient filmés. «Dans les télé-crochets, on ne peut pas s’empêcher de faire des commentaires sur les physiques des candidats», sourit-elle. Sans image, «On a les moyens de vous faire chanter», c’est aussi «The Voice» pour de vrai.

Rock, pop, électro, presque tous les genres devraient être abordés, «avec une sous-représentation du rap», regrette toutefois Didier Varrod. A partir du 1er mars, un jury se prononcera avec les internautes. Parmi ses membres, «deux artistes aux antipodes l’un de l’autre, Zazie entre pop et variétés avec vingt ans d’expérience et Orelsan, d’une génération différente, qui vient du hip-hop mais n’a jamais dédaigné la chanson française». Un choix audacieux.