«Minute»: «Nous ne sommes pas racistes, la satire n'est pas un délit»

MEDIAS Le patron de «Minute» assume cette une et se félicite de cette «jolie publicité»...

avec AFP

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L'hebdomadaire d'extrême droite «Minute» daté du 13 novembre 2013.
L'hebdomadaire d'extrême droite «Minute» daté du 13 novembre 2013. — PIERRE ANDRIEU / AFP

«Nous ne sommes pas du tout racistes, cette une est de mauvais goût mais c'est de la satire, ce n'est pas un délit», a déclaré à l'AFP Jean-Marie Molitor, patron de Minute après le tollé suscité par sa une comparant la ministre de la Justice Christiane Taubira à un singe.

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«Nous assumons cette une, il n'y a rien à regretter. c'est un jeu de mot horrible, du mauvais goût à l'état pur. Mais c'est un comique bien français, on dit bien malin comme un singe», a poursuivi le directeur de publication de l'hebdomadaire d'extrême droite. «Tous ces réactions des politiques sont un nuage de fumée. Cette montée au créneau de Jean-Marc Ayrault, du ministre de l'Intérieur... Cette hystérie collective me dépasse mais c'est une jolie publicité pour nous», s'est-il félicité.

«Un abonnement acheté, une banane offerte!»

«Il n'y avait rien de méchant dans l'article contre Christiane Taubira, qui, intelligente, a compris que cela ne méritait pas» de faire un procès, a-t-il jugé. «On ne peut plus rien dire sans être taxé de racisme. Cette une n'est pas raciste. Quand on voit la ceinture de bananes de Joséphine Baker, personne ne dit que c'est raciste. Et personne ne bouge sur les Unes de certains confrères, comme quand le Pape est croqué par Charlie Hebdo, mais c'est aussi parce que ce ne sont pas les mêmes qui sont visés», a-t-il affirmé.

Habitué de la provocation populiste, Minute surfe aussi sur les contestations anti-gouvernementales : sur son compte Twitter, l'hebdomadaire a choisi comme image-portrait le bonnet rouge des manifestants bretons, accolé à sa une sur Christiane Taubira. Mardi, un des tweets du journal proposait, en énième provocation: «L'offre bonnet rouge cartonne! La semaine prochaine : un abonnement acheté, une banane offerte!».