«La Vie d'Adèle»: «Le Monde» répond aux accusations de Kechiche

MEDIAS Dans une tribune sur Rue 89 publiée mercredi, le réalisateur de «La vie d’Adèle» accusait plusieurs journalistes, dont un du «Monde», d’avoir «voulu détruire» son film...

A.L

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 Adèle Exarchopoulos et Abdellatif Kechiche, à Cannes, en mai 2013. 
 Adèle Exarchopoulos et Abdellatif Kechiche, à Cannes, en mai 2013.  — LOIC VENANCE / AFP

Mercredi, Abdellatif Kechiche réglait ses comptes avec ses détracteurs dans une tribune fleuve publiée sur Rue 89. L’occasion de s’en prendre au journal Le Monde, qu’il accuse d’avoir publié, «sans même aller les vérifier, des informations aussi erronées qui ne pouvaient que me faire du tort à un tel moment pour ma carrière et celle du film». Il évoque des «anecdotes de tournage» déformées, «sans vérifier des propos et accusations graves», au moment où un syndicat l’accusait d’avoir fait subir de terribles abus à des techniciens sur le tournage: harcèlement moral, humiliations, méthodes de «tyran»…

«Rarement un film n’a bénéficié d’autant d’articles enthousiastes»

Le directeur adjoint des rédactions du Monde, Michel Guerrin, a choisi de répondre mercredi soir sur son site au cinéaste en énumérant les louanges exprimées par le journal à l’endroit du film. «A chaque fois que notre journal s’est exprimé sur le contenu du film, c’est pour le louanger. Mieux. Rarement un film n’a bénéficié d’autant d’articles enthousiastes. Rappelons-les, puisque le cinéaste n’en dit pas un mot dans son texte fleuve.»

«Ce qui compte uniquement pour lui, ce sont les articles autour du film, poursuit Michel Guerrin. Dans ce registre, ce n’est pas Le Monde qui a allumé la mèche, mais des personnes liées à La vie d’Adèle: des techniciens, les actrices, notamment Léa Seydoux, mais aussi l’auteure de la bande dessinée originelle. A écouter Kechiche, Le Monde n’aurait pas dû évoquer tout cela. Ce n’est pas notre conception du journalisme.» Et Guerrin de préciser que le journal a sollicité le réalisateur à plusieurs reprises, mais que celui-ci a refusé de répondre.

Le quotidien conclut sur un éloge de plus: «Avec cette diatribe, son auteur éloigne finalement son film de l’essentiel: La vie d’Adèle est un film magnifique. Ce que nous répétons depuis sa révélation cannoise.»