Lagardère Active: La grève se poursuit, des négociations en vue

PRESSE Les magazines du groupe, comme «Elle» ou «Paris Match», pourraient ne pas sortir cette semaine...

avec AFP

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Les salariés de Lagardère Active en grève le 21 octobre 2013.
Les salariés de Lagardère Active en grève le 21 octobre 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Syndicats et dirigeants du groupe Lagardère Active, dont le personnel a reconduit la grève lundi contre la cession de dix magazines, doivent maintenant négocier les conditions d'un plan de suppressions d'emplois. Passé le choc de l'annonce faite jeudi, quand la direction a programmé la cession de dix titres et une réorganisation assortie d'un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi), les partenaires sociaux vont commencer dans les prochaines semaines l'élaboration du cadre des discussions, un «accord de méthode» en vue d'une négociation qui s'annonce délicate.

Poursuite de 24 heures de la grève

Lundi après-midi un comité d'entreprise extraordinaire du groupe s'est tenu au siège de l'état-major, rue de Washington à Paris. Plusieurs dizaines de salariés s'y étaient rassemblés. Lors de la réunion, «la direction a refusé de revenir sur le périmètre de la cession et n'a pas détaillé les postes qui seront ouverts au plan de départ», a dit un responsable syndical. «C'est pour çà que la grève se poursuit», a-t-il ajouté.

Réunis ensuite en assemblée générale, les salariés ont voté majoritairement pour une poursuite de 24 heures de la grève.

«Personne ne sera laissé au bord du chemin»

«Nous avons proposé un accord collectif sur tous les éléments du plan social, programme, duréee, indemnisations.... et toutes les mesures pour une négociation», a déclaré mardi Denis Olivennes interrogé par l'AFP. La direction du groupe avait confirmé vendredi envisager des départs volontaires et négociés, de quoi rassurer quelque peu les représentants du personnel qui craignaient des licenciements. «Personne ne sera laissé au bord du chemin», a-t-il dit.

10% des effectifs

Les plans de départs volontaires seront mis en place dans chaque titre et les montants et le nombre de postes concernés restent à négocier. La procédure d'information-consultation du Comité d'Entreprise de Lagardère Active en vue des négociations à venir doit formellement commencer début novembre.

Les cessions des titres et la réorganisation du groupe concerneraient 350 postes, selon la direction. L'emploi serait menacé pour 570 salariés et pigistes, selon les syndicats. Des suppressions de postes sont envisagées au sein des titres phare comme Elle, Paris-Match, JDD et Ici Paris qui, eux, ne sont pas mis en vente.

«Les magazines ne sortiront pas»

«Même si la direction a avancé le bouclage de certains titres, comme Ici Paris, terminé vendredi soir au lieu de lundi, si la fabrication est en grève, les magazines ne sortiront pas», a dit un élu du comité d'entreprise.

«Il suffit en effet qu'une partie seulement des salariés soient en grève pour bloquer l'impression des titres en empêchant le transfert des fichiers numériques de la fabrication vers les imprimeries», selon une source proche de la direction.

Contexte de ventes difficile

Le président du directoire a jugé le recours à la grève générale «disproportionné», jugeant qu'il «fallait que chacun prenne ses responsabilités», d'autant que «nous sommes dans sommes dans un contexte de vente difficiles et dans un marché publicitaire volatil», a-t-il dit à l'AFP. L'ensemble des titres mis en vente représente 10% de l'effectif total de Lagardère Active qui employait au 31 décembre dernier 3.740 salariés dont 1.102 journalistes.

Lagardère Active, qui coiffe aussi les radios Europe 1, RFM et Virgin Radio, les chaînes Gulli, Canal J et Tiji, a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 1,014 milliard d'euros et compte pour 14% du chiffre d'affaires total du groupe Lagardère. L'activité médias pour l'ensemble du groupe représentait en 2012 une part substantielle des bénéfices avec un résultat opérationnel de 358 millions d'euros.