Aurélie Filippetti: «On ne peut pas être indifférent au sort de LCI»

Anaëlle Grondin

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 Le plateau de LCI Matin.
 Le plateau de LCI Matin. — IBO OGRETMEN / SIPA

Pour Nonce Paolini, LCI sera gratuite ou ne sera plus. Le PDG de TF1 est très attentif au projet de loi sur l’audiovisuel, qui devrait être adopté définitivement le 31 octobre par le Parlement. Une loi qui donnerait entre autres au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) le pouvoir de faire passer une chaîne du payant au gratuit. Une aubaine pour la chaîne d’information LCI, actuellement accessible par la TNT payante, en grandes difficultés. L’éventualité qu’elle puisse devenir gratuite a déjà suscité de vives réactions de la part de BFMTV et iTélé, qui craignent pour leur avenir.

«Une chaîne qui remplit un rôle dans l’information et le pluralisme»

Pour ou contre cet éventuel passage de la chaîne d’information en gratuit? A l’occasion d’un déjeuner organisé ce jeudi par l’Association des journalistes médias (AJM), Aurélie Filippetti a été amenée à répondre à cette question délicate. «Ce que je souhaite, c’est que le CSA puisse éventuellement le faire s’il considère que c’est pertinent», a botté en touche la ministre de la Culture et de la Communication. «On ne peut pas être indifférent au sort de LCI», a-t-elle toutefois ajouté.

Aurélie Filippetti a estimé que la situation de LCI, «critique pour une chaîne qui remplit un rôle dans l’information et le pluralisme»,  est «une préoccupation légitime pour la ministre de la communication et le gouvernement». Mais les autres chaînes d’information peuvent se rassurer: «Après le CSA doit prendre en compte l’impact économique» d’un éventuel passage du payant au gratuit, s’est empressée d’ajouter la ministre.

«On ne réagit pas à un chantage à l’emploi» 

Pour faire pencher la balance en sa faveur, Nonce Paolini avait indiqué fin septembre que la gratuité était la «seule voie d’avenir pour LCI». En clair: si le CSA ne permet pas à la chaîne de devenir gratuite, elle serait obligée de mettre la clé sous la porte. «On ne réagit pas à un chantage à l’emploi, ce n’est pas comme ça qu’on fonctionne», a répondu Aurélie Filippetti.