Les confessions croisées d'Alba Ventura (RTL) et Caroline Roux (Europe 1)

Propos recueillis par Anaëlle Grondin et Anne Demoulin

— 

Les éditorialistes politique de RTL et Europe 1, Alba Ventura et Caroline Roux.
Les éditorialistes politique de RTL et Europe 1, Alba Ventura et Caroline Roux. — RTL / Europe 1

Chaque matin, à 7h45, elles livrent un édito politique culotté aux auditeurs. L’une sur RTL, l’autre sur Europe 1. Concurrentes à l’antenne, Alba Ventura et Caroline Roux, qui anime également «C Politique» le dimanche et «C dans l’air» le lundi sur France 5,  sont pourtant… meilleures amies dans la vie. Interview croisée.

Vous écoutez vos éditos respectifs?

Caroline Roux: Bien évidemment, j’ai écouté ce que fait Alba, et je trouve cela formidable. A son égard, je n’aurai toujours que de la bienveillance, c’est une très bonne professionnelle. Je porte sur elle avant toute chose un regard d’amitié.
Alba Ventura: Caroline Roux est ma meilleure amie! C’est une fille brillante et intelligente. Elle a vraiment apporté sa patte à Europe 1. C’était une bonne idée de la faire venir.

Vous êtes sur le même créneau, sur deux stations concurrentes. Vous n’avez pas peur qu’un sentiment de rivalité s’installe entre vous?

Caroline Roux: Non. Nous travaillons chacune de notre côté: avec nos convictions, nos grilles de lectures, et en accord avec la couleur de la station qui nous emploie. Nous avons de la complicité, une gourmandise commune pour la matière politique.
Alba Ventura: C’est stimulant d’être face à elle. On échange beaucoup. Ca fait quinze ans qu’on travaille ensemble. On ne s’est jamais quittées, sur le plan professionnel et le plan privé. Il n’y a pas de concurrence. On est amies. Qu’elle soit sur Europe et moi sur RTL ne change rien, au contraire, ça favorise nos échanges. Ca nous rapproche.

L’édito politique est un exercice souvent confié aux hommes. Il y a un changement de mentalité ces dernières années?

Alba Ventura: Je ne sais pas. Il y a sans doute quelque chose qui s’amorce. Il y a quand même des femmes qui sont parvenues à s’imposer dans le paysage politique. Comme Catherine Nay et Raphaëlle Bacqué. Mais peut être qu’il y a de nouvelles jeunes femmes à qui on fait confiance et c’est bien.
Caroline Roux: Je crois que la place de la femme est en train de changer dans la société en général. Naturellement, dans les médias aussi, il y a ce basculement qui est en train d’être fait de façon assez naturelle.

Est-ce que le fait d’être une femme fait qu’un édito politique sera différent?

Caroline Roux: On me pose souvent la question. Je pense avant tout que mon regard est celui d’un journaliste. J’espère qu’on ne m’emploie pas parce que je suis une femme de 40 ans.
Alba Ventura: C’est difficile de dire que parce qu’on est une femme on va changer les choses et les façons de faire. Je n’aime pas trop quand on joue sur ce registre, on est des journalistes avant tout.

Est-ce que vous avez des modèles parmi les éditorialistes politiques?

Alba Ventura: Alain Duhamel c’est une référence pour moi. Il n’est pas seulement un journaliste éditorialiste, c’est un historien de la politique. En plaisantant on dit souvent «Alain c’est une encyclopédie sur pattes», mais ce n’est pas une blague, c’est vrai. Peu de journalistes lui arrivent à la cheville.
Caroline Roux: Mes modèles sont ceux de toute la profession, je pense évidemment à Catherine Nay et Alain Duhamel, qui ont marqués l’antenne, parce qu’ils avaient une immense connaissance de la vie politique…. L’an dernier, j’avais tout le poids de leur talent sur mes épaules, aujourd’hui, ce stress est parti. L’édito politique est un exercice prestigieux, il faut être à la hauteur.