Frédéric Taddeï: «Les stars, je les ai toutes eues»

MEDIAS L'animateur revient sur Europe 1 dont il anime l'émission culturelle du lundi au vendredi de 21h à 22h30...

Annabelle Laurent

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© Benni Valsson

Taddeï n’est pas inconnu des auditeurs d’Europe 1. De 2005 à 2011, il présentait son émission d’entretiens, «Regarde les hommes changer». Cette rentrée, c’est donc son «retour au bercail», comme l’a annoncé le directeur des programmes Bruno Gaston à la conférence de rentrée de la station. Depuis une semaine déjà, les invités se succèdent, du lundi au jeudi, dans son «Social Club», qu’il s’agisse des têtes d’affiche de la rentrée littéraire - Tristan Garcia, Karine Tuil, Pierre Lemaître… - de l’équipe de Grand Central ou de personnalités du monde des idées. En réponse à l’objectif de s’entourer de «tous ceux qui font la culture aujourd’hui».

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Pourquoi ce «retour au bercail»?
C’est eux qui ont voulu! Ils sont venus me chercher en mars en me proposant une quotidienne. Ce qui était gonflé, puisque j’étais parti il y a deux ans pour en éviter une. Mais là justement, ça commençait à me manquer…

On vous a donné une ligne directrice?
Faire ce que je voulais. C’est l’avantage, moi, en général, quand on vient me chercher, c’est pour me dire: «Tu fais ce que tu veux». Ils avaient envie d’avoir un vrai rendez-vous culturel, je leur ai dit ce que j’avais envie de faire. On ne sait pas ce que sont les années 2000-2010. On le sait quand on parle de politique, d’économie. Ou de technologie: tout le monde sait que les années 2000, c’est l’iPhone. Mais pas dans l’art, le style. Je n’ai jamais connu une époque qui a aussi peu conscience d’elle-même. Impossible de dire quelle est la différence entre le ciné des années 1990 et 2000. C’est ce qui m’amuse. Me lancer à la poursuite de cette époque mystérieuse.

Le format de l’émission est assez classique. Vous, et généralement trois invités, que vous interviewez parfois ensemble. Pas de chroniqueurs…
Non. Mais ça, on me connaît! 

Vous préférez rester seul maître à bord?
Je préfère donner la parole à mes invités qu’à mes salariés, c’est tout! Les invités ont des tas de choses à dire, je n’ai pas peur du vide.

C’est votre formule gagnante ou celle de toute émission culturelle?
Je ne parlerai pas pour les autres. J’ai remarqué qu’eux en revanche avaient toujours des trucs à dire sur mon émission.

Justement, vous cohabitez désormais avec Cyril Hanouna qui déclarait en mars dernier que personne ne vous regardait… 
Je m’en fous. Si on ne me regardait pas, je ne serai plus là. La télé, c’est pas le cinéma !

Comment vous passez de la ligne éditoriale de France Culture à celle d’Europe 1?
Il n’y a aucune différence de ligne éditoriale puisque c’est la mienne. Il faut seulement s’adapter à la station et à l’horaire. Sur France Culture, je l’ai joué à fond, sans musique, juste une tranche de vie entre mon invité et moi le dimanche après-midi. Là je suis le soir, il y a de la pub, de la musique, et même les infos, donc il faut s’adapter. D’où le côté «social club» , et pas tête-à-tête.

Des invités dont vous rêvez?
Tous les invités m’intéressent. Je ne vais pas faire la course aux stars avec les autres. Les stars, je les ai toutes eues de toute façon. Elles sont venues pour que je les interviewe sur Europe 1, elles sont revenues dans France Culture et «Ce soir ou jamais». Je n’ai pas l’obsession des stars. J’ai l’obsession des gens qui sont en train de faire cette époque.