«Marianne» et «Libération» condamnés pour diffamation

B.C. avec AFP

— 

L'hebdomadaire Marianne et le quotidien Libération ont été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de Lille à verser respectivement 8.000 et 10.000 euros de dommages et intérêts à l'ancien procureur de Nanterre Philippe Courroye pour l'avoir diffamé sur fond d'affaire Bettencourt.

«Ce délibéré marque la volonté du tribunal de Lille de sanctionner de manière parfaitement claire le manque de professionnalisme de certains journalistes, qui préféraient tremper leur plume dans le vitriol plutôt que de relater la vérité», a réagi auprès de l'AFP l'avocat du magistrat, Me Olivier Baratelli, après le délibéré.

«Vindicatifs, excessifs, méchants…»

Dans un article publié par Marianne en octobre 2011, Laurent Neumann avait écrit que M. Courroye «avait fait tout ce qu'il pouvait pour que les prédateurs de la milliardaire ne puissent pas être inquiétés.» L’article estimait ensuite que le juge était «en mission» pour l’Elysée pour «étouffer l'affaire Bettencourt».

Le montant des dommages et intérêts, s'il est en deçà de ce qu'avait réclamé la défense de M. Courroye le 4 juin - 45.000 euros à Marianne et 40.000 euros à Libération - est «révélateur de la volonté du tribunal de stigmatiser des articles qui étaient vindicatifs, excessifs, méchants, faux, calomnieux et attentatoires à l'honneur et à la considération de Philippe Courroye», a ajouté Me Baratelli.

Dommages, intérêts et publications du jugement

Le directeur de la publication de Marianne, Maurice Szafran, et le journaliste Laurent Neumann ont été condamnés à une amende de 3.000 euros et 1.500 euros avec sursis pour un article publié en octobre 2011 dans l'hebdomadaire, ainsi qu'à verser solidairement 8.000 euros de dommages et intérêts à l'ancien magistrat, au titre du préjudice subi.

L'hebdomadaire devra en outre publier dans un délai d'un mois le jugement à ses frais.

Le directeur de la publication de Libération, Nicolas Demorand, et le journaliste Renaud Lecadre ont été condamnés respectivement à une amende de 1.500 euros avec sursis et 3.000 euros pour un article publié en septembre 2011 dans le quotidien et sur son site internet, ainsi qu'à payer 10.000 euros de dommages et intérêts.

Le tribunal a par ailleurs ordonné à Libération de publier le jugement et de supprimer l'article incriminé sur son site internet.