Un journaliste américain fustige une loi anti-gay sur une chaîne publique russe

RUSSIE James Kirchick s'est livré à une violente critique d'une loi anti-gay russe promulguée par le président Vladimir Poutine, en direct sur la chaîne de télévision publique russe en anglais RT, ce qui l'a privé d'antenne…

Charlotte Murat avec AFP

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James Kirchick a critiqué les lois anti-gay de Vladimir Poutine en direct à la télévision.
James Kirchick a critiqué les lois anti-gay de Vladimir Poutine en direct à la télévision. — capture d'écran

Alors qu'il était invité mercredi soir à commenter l'affaire Bradley Manning sur la chaîne russe en anglais RT, James Kirchick, ouvertement homosexuel, a mis des bretelles arc-en-ciel en soulignant qu'on ne pouvait «pas rester silencieux devant le mal», en référence à une loi russe interdisant la «propagande» homosexuelle devant des mineurs désormais passible d'amende et de prison.

«Etant ici, sur cette chaîne de propagande créée par le Kremlin, je vais porter mes bretelles de gay-pride et je vais dénoncer cette horrible loi que le président Vladimir Poutine a signée et qui a été approuvée par la Douma russe», a-t-il lancé.

Journalistes pris à parti

Interrompu par une présentatrice qui l'interrogeait sur Manning, soldat américain condamné à 35 ans de prison pour avoir transmis à WikiLeaks des milliers de documents, il a répondu: «Ça ne m'intéresse vraiment pas de parler de Bradley Manning, je veux parler de l'horrible atmosphère de l'homophobie» en Russie.

Il s'en est ensuite pris aux journalistes de RT : «Vous mentez 24 heures sur 24 sur ce qui se passe aux Etats-Unis et vous ignorez ce qui se passe en Russie. Je vais prendre deux minutes pour dire la vérité», a-t-il lancé. «Comment arrivez-vous à dormir la nuit?», a-t-il demandé à une présentatrice. «Vous devez tous avoir honte sur cette chaîne», a-t-il poursuivi, avant d'être privé d'antenne.

Qualifié de «troll»

La rédactrice en chef de RT, Margarita Simonyan, a réagi jeudi matin sur son compte Twitter en qualifiant le journaliste de «troll», un terme utilisé dans le jargon internet pour désigner une personne qui intervient pour nourrir artificiellement une polémique.

 

 

«Le camarade a décidé de nous troller (provoquer, en langage Facebook, ndlr) dans une émission consacrée à Bradley Manning. Nous l'avons certes écouté, mais ensuite décidé que cela n'avait rien à voir avec le sujet abordé», a-t-elle écrit.

«La prochaine fois nous l'inviterons pour discuter des droits des gays, et maintenant au revoir», a-t-elle poursuivi.

Des soutiens

La démarche de James Kirchick a été saluée par l'acteur britannique Stephen Fry, lui aussi ouvertement gay.

«C'est vraiment magnifique! Clair, passionné, courageux, exactement ce qu'il fallait», a-t-il réagi sur son compte Twitter.

 

 

D’autres internautes soutiennent la démarche de James Kirchick

 

 

 

 

 

 

La Russie est au centre d'une controverse après l'entrée en vigueur en juin de la loi interdisant la «propagande» homosexuelle devant des mineurs et réprimant les «offenses aux sentiments religieux». L’acteur Wentworth Miller a refusé de se rendre au festival du film international de Saint-Pétersbourg pour contester ces lois qui incluent des amendes jusqu’à 100.000 roubles (3.000 dollars) et des peines jusqu’à 15 jours de prison.