«Jours de France» est réapparu dans les kiosques

Charlotte Murat

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Le premier numéro de «Jours de France», relancé par le groupe Le Figaro.
Le premier numéro de «Jours de France», relancé par le groupe Le Figaro. — DR

Vingt-quatre ans après sa suspension en 1989, Jours de France est de retour dans les kiosques depuis ce mercredi. L’hebdomadaire fondé par Marcel Dassault, propriétaire du Figaro, est devenu trimestriel, mais la ligne éditoriale reste la même : traiter de l’actualité heureuse des têtes couronnées et des célébrités.

C’est Charlotte Casiraghi, fille de Caroline et nièce d’Albert de Monaco, qui a les honneurs de la première couverture. Les Grimaldi ont d’ailleurs toujours eu une place prépondérante dans les pages de Jours de France, comme le rappellent les pages centrales du magazine, qui reviennent sur l’histoire du titre.

Tenue correcte exigée

On y apprend comment Marcel Dassault, qui tenait toutes les semaines une chronique intitulée « Café du commerce », voulait concurrencer Paris Match et tenait ferme la barre de son navire, refusant à tout prix les nouvelles tristes et n’accordant la une à la disparition d’Edith Piaf qu’à la condition qu’on n’y annonce pas son décès. Bonheur et tenue correcte exigés, pour les stars prises en photo comme pour les journalistes de la rédaction : «Une faute de goût peut entraîner un licenciement instantané, note Bertrand de Saint Vincent, directeur adjoint en charge de la culture au Figaro et auteur de l’article. Un journaliste de Paris Match, débauché à prix d’or, se voit offrir de généreuses indemnités parce que Monsieur Dassault a trouvé sa cravate "horrible". Les règles sont strictes : pas de laisser-aller, pantalon prohibé pour les femmes ; le propriétaire a ses foucades. Il ne supporte ni les mains moites ni les barbus.»

Le reste du magazine est partagé entre les nouvelles gloires, comme Kate et William, et les icônes éternelles, à l’image d’Ava Gardner ou Marlon Brando. Epais de 116 pages, Jours de France est vendu 4,90 € et diffusé à plus de 30 000 exemplaires. Les ventes décideront de la pérennisation du titre, qui a pour ambition de se placer sur le segment occupé par Gala et Point de Vue.

Polémique

A l’annonce de la relance du magazine, le groupe Lafont Presse, éditeur de Jour de France (sans «s») depuis 2010, en avait contesté la propriété et avait envoyé une lettre à Serge Dassault, fils de Marcel et actuel propriétaire du Figaro, pour le menacer : «Si vous le lancez, je procèderai immédiatement au lancement de la procédure nécessaire afin que les tribunaux jugent qui, aujourd’hui, a le droit sur ce titre.»

Marc Feuillée, directeur général du groupe Figaro, a répondu sur le site de son journal : «La marque nous appartient. Elle est déposée et son dépôt a bien été renouvelé tous les dix ans. Le dernier en date nous l’attribue jusqu’en 2018.»