Jeff Bezos, d'Amazon au «Washington Post»

Anaëlle Grondin
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Jeff Bezos, le patron d'Amazon, présente des tablettes Kindle Fire HD en septembre 2012.
Jeff Bezos, le patron d'Amazon, présente des tablettes Kindle Fire HD en septembre 2012. — Reed Saxon/AP/SIPA

L’actuel PDG du site de commerce en ligne Amazon, depuis peu propriétaire du Washington Post, est un patron atypique. Père fondateur de l'Internet marchand, c’est dans son garage que Jeffrey Preston Jorgensen, élevé par son père adoptif à partir de l’âge de 4 ans, a créé le groupe Amazon au début des années 1990. Une idée qu’il avait eue en traversant les Etats-Unis en voiture de New York à Seattle.

Fasciné par les sciences et l’Internet

Après des études scientifiques et informatiques en Floride, puis à la prestigieuse université de Princeton, ce passionné de livres et de lecture a travaillé dans plusieurs entreprises financières de Wall Street, avant de se décider à lancer sa propre entreprise.

Fasciné par l'Internet et impressionné par la forte croissance du commerce en ligne, il lance Amazon à Seattle, au nord-ouest des Etats-Unis, en 1994. Le premier site Internet ouvre en juillet 2005. Jeff Bezos fonde alors son empire sur le livre. Le site se diversifie rapidement et vend désormais de tout, des produits culturels à l’alimentation, en passant par des vêtements ou encore du mobilier. L’entreprise est aujourd’hui le premier site de vente en ligne au monde, avec un chiffre d’affaires de 48 milliards de dollars en 2011.

Un patrimoine estimé à 25 milliards de dollars

Grâce à son groupe, l’homme d’affaires de 49 ans se place au 19e rang des plus grosses fortunes mondiales, selon le dernier classement du magazine américain Forbes. Son patrimoine est estimé à plus de 25 milliards de dollars.

Jeff Bezos, marié et père de quatre enfants, avait été désigné «personne de l'année» par l'hebdomadaire Time en 1999. Il a depuis longtemps sa place au panthéon de l'Internet aux côtés de Steve Jobs, fondateur d’Apple, Bill Gates, fondateur de Microsoft, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, ou encore Sergey Brin et Larry Page, co-fondateurs de Google.

Le regard tourné vers les étoiles

Le patron d’Amazon est aussi un citoyen engagé dans la défense des libertés civiles. En juillet 2012, sa femme et lui ont signé un chèque de 2,5 millions de dollars pour soutenir un référendum en faveur du mariage homosexuel dans l'Etat de Washington.

Outre son activité quotidienne au siège d'Amazon, ce passionné de science-fiction regarde aussi vers les étoiles. Il fonde en 2000 Blue Origin, une société qui a vocation à envoyer des touristes dans l'espace, et dispose déjà d'installations au Texas. Jeff Bezos rêve depuis tout jeune de développer des hôtels et des parcs d’attractions en orbite autour de la Terre.

Premiers pas dans le monde des médias

Jeff Bezos s’investit désormais dans la presse, avec le rachat, pour 250 millions de dollars, du Washington Post, septième quotidien des Etats-Unis. L’Américain a appris et aime se diversifier. Mais quelles sont ses motivations? Le prestige de posséder un fleuron de la presse américaine? Une journaliste du Guardian livre son analyse dans le quotidien britannique ce mardi. Selon elle, il n’y a aucune motivation financière, la presse n’étant plus ce quelle a été: «Les journaux ont retrouvé leur ancien statut de jouets des riches, plutôt que de centres de profits induits par le marché.» Un avis partagé par un éditorialiste du New York Times, dans un article intitulé: «Les journaux sont les nouveaux trophées des milliardaires».