Un sondage du «Point» sur les propos de Gilles Bourdouleix sur Hitler et les Roms scandalise les internautes

MEDIAS Les internautes sont invités à donner leur avis sur l’allusion faite à Hitler, à propos des gens du voyage, par Gilles Bourdouleix. «Un journaliste ne s’interdit de poser aucune question», s'est d'abord défendu «Le Point» dans une réponse publiée sur son site, avant de finalement supprimer le sondage...

A.L

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Le sondage publié mardi 23 juillet par "Le Point"
Le sondage publié mardi 23 juillet par "Le Point" — Capture

«Ivre, @LePoint fait un sondage sur Hitler», «A gerber», «Le Point victime de la canicule». Les internautes font part de leur indignation ce mardi matin après la publication sur le site du Point d’un sondage appelant les internautes à réagir sur les propos de Gilles Bourdouleix, le député-maire de Cholet, qui selon Le Courrier de l’Ouest, a estimé dimanche, à propos des gens du voyage, que «Hitler n'en a peut-être pas tué assez».

Le député-maire, qui se trouvait alors sur un campement de 150 caravanes installé sur un terrain privé de sa commune, a ensuite qualifié lundi après-midi l’enregistrement de «règlement de compte» de la part du journaliste, affirmant qu’il y avait «des coupures».

Sondés à ce sujet par Le Point, les internautes (qui sont plus de 2.800 à avoir répondu, mardi en début d'après-midi) ont le choix entre quatre réponses. «Cette phrase est intolérable: une apologie de crime contre l'humanité que même Jean-Marie Le Pen n'aurait pas osé prononcer», «Ces mots sont excessifs, mais ils traduisent l'exaspération des élus et des Français de voir des gens du voyage s'installer n'importe où», «Cette polémique permet d'évacuer le vrai problème: oui, les Roms et les gens du voyage sont une nuisance et un danger. Et le gouvernement ne fait rien» ou «Je n’oserai jamais le dire, mais j’approuve cette phrase».

Une réponse «contre» et trois réponses «pour» (à différents degrés), des formulations de réponse associant les Roms à «une nuisance et un danger»: les lecteurs s’insurgent.

«Explications sur un sondage»

Sollicitée par 20 Minutes mardi matin, dès la parution du sondage, la rédaction du Point n'avait pas souhaité répondre.

«Notre sondage sur les propos nauséabonds de Gilles Bourdouleix a enflammé la toile», a ensuite constaté Le Point en début d’après-midi dans une réponse publiée sur son site. Sans d'abord s’excuser ni retirer le sondage comme le pronostiquaient certains internautes, le journal a dit s’être «livré à l'exercice de beaucoup d'organes d'information: un micro-trottoir sur la Toile», avec un sondage qui «ne reprend pas la méthode des quotas, il est empirique, et ouvert à tous ceux qui veulent y répondre, et sans filtre».

«Un journaliste ne s'interdit de poser aucune question, et surtout les plus dérangeantes ou les plus "sensibles". Et les réponses ne présument pas des positions politiques, culturelles ou esthétiques du Point», concluait Le Point.

Finalement, en milieu d'après-midi, Le Point a supprimé le sondage, et ajouté une phrase à ses «explications»: «Nous comprenons néanmoins que cette question ait pu choquer et nous excusons auprès de nos lecteurs. Pour cette raison, nous avons supprimé le sondage».