Un «Vanity Fair» à la française débarque en kiosque mercredi

MEDIAS En une de ce premier numéro, Scarlett Johansson, l'«égérie transatlantique idéale» selon le magazine d'inspiration américaine du groupe Condé Nast...

Anaëlle Grondin

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Premier numéro du magazine Vanity Fair.
Premier numéro du magazine Vanity Fair. — G. LABARTHE / 20 MINUTES

Du glamour et de la matière grise. C’est ce que souhaite proposer à ses futurs lecteurs la version française de Vanity Fair, qui arrive en kiosque mercredi. Attendu depuis des mois, voire des années, le magazine de 266 pages, présenté officiellement ce mardi, suscitait énormément de curiosité. A la mesure de la mythologie de son grand frère américain.  

Vendu à près de 1,25 million d’exemplaires chaque mois aux Etats-Unis, Vanity Fair, qui mêle articles intellectuels et people, est une référence dans la presse magazine outre-Atlantique. Le titre prestigieux se démarque entre autres pour ses signatures et ses collaborations avec des photographes célèbres comme Mario Testino et Annie Leibovitz, auteure de nombreux portraits de stars. Xavier Romatet, PDG du groupe Condé Nast France, compte sur cette aura pour garantir le succès de la version française. 

«Une alternative à la frénésie et au règne de Twitter»

Dans la lignée du magazine américain, qui fête ses cent ans cette année, elle se présente comme un mensuel «haut de gamme» qui «raconte des destins individuels». Vanity Fair reste fidèle à la philosophie d’origine tout en étant largement emprunt d’une «touche française», a insisté Xavier Romatet. Le titre ne sera «pas un magazine féminin», précise sa rédactrice en chef, Anne Boulay, auparavant rédactrice en chef de GQ, du même groupe de presse. Une place importante est ainsi accordée à la photographie et le magazine fait la part belle aux articles longs, «pour s’informer et se divertir», et à l’investigation.  Sa singularité par rapport à la version américaine? Plus de culture, de mode et d’ouverture sur le monde.

«C’est un mensuel qui prend son temps», a expliqué Michel Denisot, directeur de la rédaction à temps plein à partir de lundi, après ses adieux au «Grand Journal» de Canal+. «Aujourd’hui, avec tout ce flux d’informations, c’était le bon moment pour offrir une alternative à la frénésie et au règne de Twitter», affirme Xavier Romatet. 

Michel Denisot «sent les coups» 

Parmi les «papiers emblématiques»: douze pages sur la vie parisienne de Scarlett Johansson, en couverture de ce premier numéro, ou encore l’affaire Bettencourt racontée pour la première fois par le majordome qui avait enregistré toutes les conversations. «Brillant dehors, mordant dedans», résume Michel Denisot, dont la nomination en tant que directeur de la rédaction du magazine avait laissé perplexe.

Xavier Romatet a reconnu ce mardi: «Sur le papier, tu n’avais aucune qualité requise pour ce poste. Tu n’avais pas les codes de Condé Nast». Avant d’ajouter: «Mais tu es journaliste, tu sais t’adapter et tu fais preuve d’un enthousiasme incroyable». Pour lui, Michel Denisot «a une très grande expérience et une très grande intuition. Il sent les coups». Il assure que le groupe «n’a pas pris un mannequin ou une égérie» et «n’a pas acheté son carnet d’adresses», qui doit regorger de précieux numéros après neuf ans passés aux manettes du «Grand Journal».  

2 euros au lancement, puis 3,95 euros

Le Vanity Fair français, tiré à 400.000 exemplaires ce mois-ci, est vendu jusqu’au mois d’août au prix de 2 euros. Il passera ensuite à 3,95 euros. L’objectif de Xavier Romatet à la fin de l’année? 85.000 ventes par mois en moyenne pour la première année, puis 100.000. Le magazine a une déclinaison digitale, sur le Web et sur iPad.